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27 août 2009

De citoyen à internaute, des libertés oubliées

Avocat spé­cia­lisé dans le droit de l’Internet, C.M. s’inquiète de l’évolution du monde numé­rique au regard du res­pect de nos liber­tés. Symptomatique de ce dan­ger, la sub­sti­tu­tion du terme « citoyen » par « inter­naute » crée, selon lui, une citoyen­neté numé­rique de seconde zone. Et cer­taines garan­ties ou liber­tés ne pour­ront sur­vivre sans inter­ven­tion légis­la­tive, et sans la reprise en mains d’Internet, son auto-régulation, par les inter­nautes eux-même.

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Cette tri­bune, ini­tia­le­ment publié chez nos confrères de Ecrans.fr, est sous licence CC-BY-NC-ND

Une ministre est récem­ment inju­riée dans des com­men­taires pos­tés par des inter­nautes en réac­tion à une vidéo pos­tée sur le site de par­tage de DailyMotion. Elle sol­li­cite l’identification des inter­nautes concer­nés afin d’introduire une pro­cé­dure judi­ciaire à leur encontre. Sa réac­tion semble jus­ti­fiée, après tout elle ne fait qu’exercer le droit dont dis­pose tout citoyen d’obtenir répa­ra­tion d’une vio­la­tion des lois de la République. L’objet de cet article n’est pas de dis­cu­ter de la démul­ti­pli­ca­tion des pro­cé­dures enga­gées par des hommes ou femmes poli­tiques à l’encontre de citoyens mais de démon­trer que, si nous n’y pre­nons pas garde dès main­te­nant, l’évolution du monde numé­rique se fera au détri­ment de nos liber­tés les plus fondamentales.

Une des ques­tions essen­tielles pour la com­pré­hen­sion de la révo­lu­tion sociale ini­tiée par Internet est celle de la sub­sti­tu­tion ou de la com­plé­men­ta­rité des acti­vi­tés réelles et numé­riques. Il est ardu de com­pa­rer le monde numé­rique et le monde réel tant les réfé­ren­tiels sont dif­fé­rents. On pourra citer quelques exemples d’activités sub­sti­tuées ou com­plé­men­taires. Le déve­lop­pe­ment des pho­to­gra­phies sur Internet s’est sub­sti­tué aux offi­cines de pho­to­gra­phies, et les cartes mémoire ont rem­placé les films argen­tiques. D’autres acti­vi­tés sont dis­po­nibles sur Internet et dans le monde réel (l’utilisation du cour­riel n’est pas, par exemple, à ce jour exclu­sive de celle de la Poste, notam­ment pour l’envoi de docu­ments ori­gi­naux ou spé­ci­fiques) ou
sont, au contraire, tota­le­ment into­lé­rantes à Internet (par exemple, man­ger, même si l’achat des pro­vi­sions peut désor­mais se faire sur les sites de super­mar­chés en ligne). A ce stade, il est impor­tant de se rap­pe­ler que de plus en plus d’activités se déma­té­ria­lisent au fur et à mesure de l’évolution expo­nen­tielle du monde numérique.

Une fois cette ana­lyse effec­tuée pour une acti­vité don­née, il est pos­sible d’identifier les dif­fé­rences de trai­te­ment par la loi afin de déter­mi­ner l’évolution de nos liber­tés fon­da­men­tales lors du pas­sage au numé­rique. Pour reprendre le cas pré­cité, les mes­sages pos­tés par les inter­nautes ne consti­tuent rien d’autre qu’une dis­cus­sion poli­tique cou­rante entre citoyens, telles que celles que connaissent tous les matins des mil­liers de bis­trots en France. Personne ne niera ni n’attaquera cette tra­di­tion française citoyenne, cet espace de liberté où cer­tains abus regret­tables peuvent avoir lieu mais ces abus cèdent le pas à l’utilité publique, sociale et poli­tique de ces ren­contres et dis­cus­sions. Il est fort à parier que les com­men­taires pos­tés sur le site DailyMotion ne sont pas plus exces­sifs que cer­taines dis­cus­sions mati­nales dans un bis­trot. Pourtant même une femme poli­tique pro­cé­du­rière n’aurait ni l’idée ni les moyens de faire sanc­tion­ner les excès de ces discussions.


« La sub­sti­tu­tion du terme « citoyen » par « inter­naute » est symp­to­ma­tique et dangereuse »


On pourra arguer que l’impossibilité phy­sique et maté­rielle pour la ministre de pour­suivre l’ensemble des pro­pos inju­rieux ne les jus­ti­fie pas pour autant, et ne lui inter­dit pas d’exercer ses droits de citoyenne à l’encontre d’internautes. Cependant, il s’agit bien là d’une rup­ture d’égalité. A ce sujet, et c’est bien là un exemple de la défor­ma­tion d’un signi­fié par l’utilisation d’un nou­veau signi­fiant, la sub­sti­tu­tion du terme
« citoyen » par « inter­naute » est symp­to­ma­tique et dan­ge­reuse, créant ainsi une citoyen­neté numé­rique de seconde zone, sauf à adop­ter une décla­ra­tion uni­ver­selle du droit des inter­nautes. On est plus prompt à condam­ner un « inter­naute » ou, pire, un « pirate » qu’un citoyen. Il est essen­tiel de rele­ver que la rup­ture d’égalité pré­ci­tée est para­doxa­le­ment ren­due pos­sible sous l’égide d’une loi très pro­tec­trice des liber­tés pro­mul­guée il y a cela près de 130 ans, la loi sur la liberté de la presse du 29 juillet 1881. Nous ne sommes même pas dans le cas d’une loi, comme par exemple la loi Création et Internet, votée expres­sé­ment pour sup­pri­mer, sur Internet, des liber­tés qui avaient jusque-là sur­vécu au pas­sage au numérique.

Pour l’instant, le débat public ou, plus lar­ge­ment, les dis­cus­sions entre citoyens sont des acti­vi­tés pour lesquelles Internet est un sup­port com­plé­men­taire et addi­tion­nel. Cela sera de moins en moins le cas et la rup­ture d’égalité pour les dis­cus­sions tenues dans le monde réel et dans le monde numé­rique va len­te­ment, mais sans doute aucun, se muer en une sup­pres­sion de facto de cette liberté.

Le constat est sans appel : sans aucune inter­ven­tion légis­la­tive, du simple fait du chan­ge­ment de para­digme créé par Internet, cer­taines garan­ties ou liber­tés vont dis­pa­raître. D’autres, au contraire, vont naître. Ce qui fait dire d’Internet qu’il est tant un « espace de liberté » qu’un « vide juri­dique ». S’il est vrai, et fort heu­reu­se­ment, que l’avènement d’Internet peut avoir des aspects béné­fiques sur nos liber­tés, il serait faux de croire qu’il s’agit de nou­velles liber­tés. Ce n’est, au contraire, que des nou­velles manières d’exercer nos droits et liber­tés de citoyens. C’est en ce sens que l’utilisation du terme « vide juri­dique » est mali­cieux, tout comme celle du terme « inter­naute », car cela sug­gère qu’une légis­la­tion, sou­vent répres­sive, est nécessaire.

De sur­croît, la « mémoire » d’Internet et des sys­tèmes de trai­te­ment infor­ma­ti­sés est un défi immense alors que de plus en plus de nos acti­vi­tés quo­ti­diennes se déma­té­ria­lisent, néces­si­tant de nou­velles garan­ties légales ou consti­tu­tion­nelles ou, à tout le moins, la réelle appli­ca­tion de la légis­la­tion exis­tante. L’exemple le plus fla­grant est bien évidem­ment le sui­cide col­lec­tif (orga­nisé par des socié­tés pri­vés) de nos don­nées per­son­nelles, et donc de notre vie pri­vée, alors que la Commission Nationale de l’Informatique et des Libertés ne dis­pose que d’un bud­get ridi­cule en com­pa­rai­son au carac­tère fon­da­men­tal de sa mission.


« La loi Création et Internet est la pre­mière loi réel­le­ment liberticide »


Par ailleurs, de plus en plus de lois ou pro­po­si­tions de lois tentent de régu­ler ce « vide juri­dique » qu’est Internet (et non de res­treindre nos liber­tés). La loi Création et Internet marque d’une pierre blanche l’histoire légis­la­tive de l’internet par son extré­misme et son incom­pré­hen­sion quasi-idéologique des réseaux. Il ne s’agit même pas ici de l’inutilité de cette loi par rap­port à son objec­tif affi­ché ni des condi­tions de cor­rup­tion dans lesquelles elle a été élabo­rée et, dans une cer­taine mesure, votée ; ces seuls points néces­si­te­raient des déve­lop­pe­ments élabo­rés. Cette loi, fai­sant fi de tout bon sens et de la réa­lité des réseaux, est la pre­mière loi réel­le­ment liber­ti­cide en sup­pri­mant des liber­tés dont nous jouis­sons dans le monde réel. Prenons l’hypothèse impen­sable d’une loi impo­sant non pas l’installation de radars auto­ma­tiques sur les routes, mais l’installation dans chaque voi­ture d’un mou­chard en com­mu­ni­ca­tion constante avec une société pri­vée et dont l’objet serait de signa­ler tout excès de vitesse aux fins de ver­ba­li­sa­tion. C’est ce que la loi Création et
Internet fait avec Internet. Bien évide­ment, il ne s’agit là que d’une pre­mière étape, le mou­chard pou­vant être amé­lioré afin de dif­fu­ser par exemple des mes­sages de pré­ven­tion sur la sécu­rité rou­tière. Voire de traquer vos allées et venues (un motif légi­time pourra être trouvé, comme par exemple le contrôle du nombre de kilo­mètres afin de véri­fier que les déduc­tions fis­cales kilo­mé­triques sont véri­diques). Mais cela a peu d’importance, cette loi ne visant que les pirates et non les citoyens.

Nos liber­tés de citoyens subissent donc une triple attaque. Certaines sont mises en dan­ger lors du pas­sage au numé­rique, par la seule appli­ca­tion de la loi actuelle. D’autres sont mena­cées par les nou­velles pos­si­bi­li­tés tech­no­lo­giques à dis­po­si­tion de socié­tés pri­vées ou de l’État, sans qu’aucune loi pro­tec­trice ne soit adop­tée ou la légis­la­tion exis­tante appliquée. Enfin, des ini­tia­tives légis­la­tives ont pour objet ou
conséquence néces­saire la sup­pres­sion de liber­tés fondamentales.

La clé de la pro­tec­tion — ou de l’atteinte, c’est selon — de nos liber­tés est donc la loi. Malheureusement, au lieu de voter des lois pro­tec­trices indis­pen­sables, le mou­ve­ment légis­la­tif est plu­tôt de voter des lois répres­sives de nos liber­tés. Ce n’est pas un pro­blème lié à une mou­vance poli­tique, même si une mino­rité de nos dépu­tés ont conscience de ces risques, mais struc­tu­rel, dans la mesure où Internet s’est créé, à la dif­fé­rence du mini­tel, hors de tout contrôle des hommes et femmes poli­tiques qui en perdent leurs repères. Alors que jusqu’alors que les articles et com­men­taires les concer­nant étaient l’œuvre quasi-exclusive de jour­na­listes du sérail, la démo­cra­ti­sa­tion des blogs citoyens ou de Wikipédia les effrayent car ils en ont perdu le contrôle. C’est ce contrôle perdu qu’ils essaient de retrou­ver par des moyens légis­la­tifs plus ou moins légitimes.

Nul doute que cette volonté de pou­voir et de main­tien de modèles usés est illé­gi­time. Elle l’a toujours été. Mais avant l’avènement d’Internet cette emprise était dis­crète ou limi­tée. Internet per­met de la rendre publique, mais aussi offre de nou­velles pos­si­bi­li­tés de contrôle dont la ten­dance légis­la­tive actuelle tente de nous dessaisir.

S’ajoutent à cet aveu­gle­ment égoïste de la majo­rité de la classe poli­tique les attaques por­tées à nos liber­tés par les socié­tés pri­vées, sou­vent mul­ti­na­tio­nales. Le pro­blème est double : le classe poli­tique peut ne pas entendre l’urgence d’agir (son atten­tion étant plu­tôt por­tée sur le main­tien de leur contrôle) ou, de bonne foi, peut être sans pou­voir, par exemple concer­nant les socié­tés situés hors de leur ter­ri­toire. En outre, ces socié­tés, dont le seul inté­rêt est celui de leurs action­naires, ont un pou­voir de lob­bying écra­sant et les rela­tions entre leurs diri­geants et le monde poli­tique créé une situa­tion de cor­rup­tion struc­tu­relle constante. Plus encore, la perte de pou­voir du monde poli­tique sur ces socié­tés est régu­lière. Sauf à ins­tau­rer une gou­ver­nance mon­diale — à tout le moins sur cer­tains aspects, comme ce qu’il est tenté de faire en réponse à la crise finan­cière actuelle  — , cette ten­dance va continuer.

Il serait vain d’espérer une prise de conscience de la classe poli­tique, encore moins des socié­tés pri­vées, tant que les inter­nautes ne se trans­for­me­ront pas en citoyens res­pon­sables. Une pre­mière mesure simple serait d’effectuer des arbi­trages per­son­nels sur notre façon d’utiliser les ser­vices numé­riques à notre dis­po­si­tion. Cette auto-censure revient à ne pas sacri­fier notre liberté et notre vie pri­vée sur l’autel de la faci­lité ou de l’utilité, réelle ou perçue, de ces ser­vices. En rai­son de l’enjeu — nos liber­tés — cette ana­lyse doit se faire avec à l’esprit la pire des évolu­tions que pour­rait prendre le réseau, tant il est cer­tain que toute don­née mise sur le réseau quitte défi­ni­ti­ve­ment notre sphère. Et que toute liberté per­due l’est pro­ba­ble­ment à tout jamais, jusqu’à la pro­chaine révo­lu­tion. Cette irré­ver­si­bi­lité est dif­fi­cile à appré­hen­der, sur­tout pour les plus jeunes et l’équilibre à trou­ver ténu sauf à être exces­sif et deve­nir un moine du numérique.


« Il faut nous éduquer nous-mêmes »


Cet enjeu a été, depuis long­temps, par­fai­te­ment assi­milé par le mou­ve­ment du logi­ciel libre : les réseaux et appa­reils élec­tro­niques (lesquels seront tous à terme connec­tés aux réseaux) doivent être ouverts et libres car c’est la seule façon d’en assu­rer le contrôle par les citoyens. Cette liberté doit s’exercer par un contrôle pos­sible de l’architecture même des réseaux et un contrôle effec­tif, par chaque citoyen, de ses appa­reils élec­tro­niques. En par­ti­cu­lier de ses ordi­na­teurs et appa­reils de connexion aux réseaux. Par ailleurs ce n’est qu’à cette condi­tion préa­lable que nous pour­rons voir fleu­rir une véri­table culture libre. Laquelle, en pros­pé­rant, repren­dra le contrôle de la culture à ce jour encore entre les mains de quelques socié­tés mul­ti­na­tio­nales, tout en per­met­tant d’assurer une rému­né­ra­tion supé­rieure aux créa­teurs, et de péren­ni­ser les inter­mé­diaires à valeur ajou­tée qui sau­ront se rému­né­rer à un juste prix.

Tout citoyen doit ainsi s’imposer cette auto-régulation au moins aussi long­temps que la classe poli­tique ne défen­dra pas une légis­la­tion res­pec­tueuse des citoyens qui se devra de garan­tir a minima autant de garan­ties dans le monde numé­rique que celles dont nous béné­fi­cions dans le monde réel. Heureusement, la révo­lu­tion numé­rique a donné aux citoyens des moyens simples et effi­caces de par­ti­ci­per au débat public, même en pleine cam­pagne ou au fond d’un garage. Il faut donc nous éduquer nous-mêmes, éduquer les repré­sen­tants du peuple et lut­ter contre la cor­rup­tion struc­tu­relle qui accom­pagne, dans tous les États du monde, le pou­voir. Car Internet ôte aux citoyens leurs der­nières excuses : celles consis­tant à dire « je ne savais pas » ou « je ne peux rien faire ».

Enfin, dans les cas les plus extrêmes, la résis­tance, ou déso­béis­sance c’est selon, civile s’imposera d’elle-même. La loi Création et Internet nous offrira l’occasion d’un pre­mier acte en refu­sant d’installer, sur ses appa­reils élec­tro­niques per­son­nels, un logi­ciel mou­chard non libre et non inter­opé­rable et, qui plus est, payant, qui com­mu­niquera constam­ment avec une société pri­vée. Une loi impo­sant cette ins­tal­la­tion préa­lable comme seul moyen de défense dans une pro­cé­dure de nature pénale ne peut être, quoi qu’en en dise, que liber­ti­cide. Et il fau­dra faire connaître notre refus au gouvernement.

Cela serait gra­ve­ment se méprendre sur ce qui pré­cède que de croire que l’auteur sou­haite un Internet liber­taire ou anar­chique, où la dif­fa­ma­tion, l’injure et la contre­façon seraient tolé­rées. Mais c’est bien la faute du légis­la­teur s’il n’a pas su faire pro­mul­guer des lois qui lut­taient effi­ca­ce­ment ou intel­li­gem­ment contre ces excès. Que dire par exemple d’une loi, par ailleurs pro­tec­trice, comme la LCEN (Loi pour la confiance dans l’économie numé­rique) qui accroît le régime de
res­pon­sa­bi­lité d’un titu­laire d’un site ou d’un blog qui choi­si­rait de modé­rer a priori les com­men­taires qui y seront pos­tés. Pourquoi n’existe-t-il aucune loi pro­té­geant les par­ti­cu­liers qui éditent béné­vo­le­ment sur des sites col­la­bo­ra­tifs comme Wikipédia des conte­nus pos­tés par d’autres uti­li­sa­teurs afin, notam­ment, de sup­pri­mer des pro­pos inju­rieux ou dif­fa­ma­toires ? Quant aux droits d’auteurs et droits voi­sins, que pen­ser par ailleurs d’un mou­ve­ment légis­la­tif qui n’a pas réussi à enri­chir les créa­teurs, qui contri­bue au main­tien d’intermédiaires condam­nés à évoluer ou dis­pa­raître, et qui porte atteinte aux liber­tés des citoyens.


« Les socié­tés, fic­tions juri­diques, n’existent que parce que la loi le permet. »


La solu­tion repose bien dans des lois et textes supra­na­tio­naux res­pec­tueux des liber­tés et équi­li­brant les inté­rêts indi­vi­duels afin d’assurer l’intérêt géné­ral. Cela néces­site un bou­le­ver­se­ment des équi­libres écono­miques et finan­ciers de la société actuelle, d’autant plus dif­fi­cile à atteindre que les inté­rêts exis­tants usent de tout leur pou­voir, avec un suc­cès cer­tains jusqu’ici, afin d’éviter ce chan­ge­ment de para­digme légis­la­tif. Mais refu­ser que la loi s’adapte à la société, c’est oublier que le pou­voir nait de l’homme, du citoyen, du peuple et lui appar­tien­dra toujours alors que les hommes et femmes poli­tiques ne seront jamais que nos repré­sen­tants — ce qu’ils ont sou­vent ten­dance à oublier — et que les socié­tés, fic­tions juri­diques, n’existent que parce que la loi, expres­sion de la volonté du peuple dans une véri­table République, le permet.

Certains pour­ront pen­ser que ces attaques sur nos liber­tés sont très vir­tuelles, tant il est vrai que nous ne sommes qu’à l’aube des véri­tables pro­blèmes. La crise finan­cière, poli­tique, écono­mique et sociale qui nous frappe de plein fouet, rui­nant la vie de mil­lions de per­sonnes, devrait res­ter notre prio­rité, tant il faut parer au plus urgent. Cet argu­ment est cepen­dant spé­cieux pour plu­sieurs rai­sons. D’une part, ces pré­oc­cu­pa­tions et enga­ge­ments ne sont pas exclu­sifs l’un de l’autre. D’autre part, de nom­breuses liber­tés mises à mal dans notre vie numé­rique sont ou seront indis­pen­sables pour mettre en œuvre les véri­tables solu­tions à cette crise. Enfin et sur­tout, nous avons là l’occasion d’éviter de nous retrou­ver dans une situa­tion où notre seul pou­voir sera de « parer au plus urgent ».

Reprenons le contrôle, n’oublions jamais l’origine du pou­voir, construi­sons une société intel­li­gente, ouverte, et res­pec­tueuse. Faisons-le avant que notre seule alter­na­tive soit la ser­vi­tude volon­taire ou la révo­lu­tion. Inventons des lois intel­li­gentes, pre­nons en compte les nou­veaux para­digmes, afin, qu’à nou­veau, la loi libère.

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27 août, 2009 at 18:04 by admin

Tags: citoyen, ecrans, hadop, internet, libertés
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12 août 2009

Steal This Film, part II

Steal This Film II – FR from Nicolas Cynober on Vimeo.

Une vidéo de 45 minutes forte intéressante sur les questions, au combien actuelles, de propriété intellectuelle et de droits d’auteur à l’heure du numérique. Steal This Film est une série de films documentant le mouvement contre la propriété intellectuelle. La première partie, produite en Suède et sortie en 2006, tient compte des acteurs de la culture suédois du piratage : The Pirate Bay, Parti pirate et Piratbyrån. Cette deuxième partie embrasse quant à elle une diversité d’intervenants ne se limitant pas seulement aux seuls pirates suédois, on peut citer Erik de Mininova, l’écrivain Howard Reinhgold ou encore Yochai Benkler, professeur à Yale…

A voir et à pirater à volonté /-)

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12 août, 2009 at 17:51 by admin

Tags: p2p, pirate, Politique, propriété intellectuelle, société, steal this film 2, web
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7 août 2009

Interview de Thierry Ehrmann, créateur de la Demeure du Chaos


THIERRY EHRMANN LA DEMEURE DU CHAOS
envoyé par tv8montblanc. – L’actualité du moment en vidéo.


Une interview de Thierry Ehrmann sur le monde d’aujourd’hui, Internet et l’Art contemporain, tout cela imprégné d’une certaine philosophie et appuyé d’un regard de politologue passionné. Le créateur de la Demeure du Chaos, qu’il décrit comme un « havre de paix de bonheur », nous partage sa vision de l’art (« un accident heureux ») et d’un monde au bord du gouffre avec un point de vue que je trouve vrai et réfléchi… Ça faisait longtemps que cette vidéo trainait dans mes favoris, mieux vaut tard que jamais ^_^’

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7 août, 2009 at 1:13 by admin

Tags: Art, demeure du chaos, internet, interview, Politique, Thierry Ehrmann
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3 août 2009

Comment internet change nos vies

Serge Soudoplatoff, invité par le CEDAP à présenter ce que change internet dans nos façons de travailler et de partager et notamment comment les organisations sont modifiées par le fonctionnement en réseau au travers du web.

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3 août, 2009 at 22:21 by admin

Tags: avenir, CEDAP, full movie, internet, Serge Soudoplatoff, vie, web
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31 juil 2009

Soirée de poche : Beirut

Un « pocket concert » trouvé sur Arte Live Web, un groupe talentueux, une atmosphère enjouée et une réalisation sympa. Bref enjoy :-).

Description

Le 13 mai dernier, au lendemain de son Concert au Bataclan, Beirut faisait l’honneur de participer à la dixième Soirée de poche de la Blogothèque, un concert en appartement, tout en proximité et intimité. L’événement, d’abord calme, puis furieusement festif, a dépassé nos espérances. Avec, en cadeau bonus, une reprise de « La Javanaise » de Serge Gainsbourg.

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31 juillet, 2009 at 23:53 by admin

Tags: arte live web, Beirut, blogothèque, live, Musique, Soirée de poche
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29 juil 2009

Nicolas Berdiaev – Le Destin de la Culture

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« Pour comprendre le sort de la culture, il faut l’examiner dans sa dynamique, il faut pénétrer dans sa dialectique fatale. La culture est un processus vivant. Nous devons constater qu’elle ne peut se maintenir à sa hauteur moyenne ; atteinte dans la période de son épanouissement, sa stabilité a des limites. Dans chaque type historique de culture on constate une période de dégradation, de descente et une transition inévitable à un état qui ne peut plus être nommé culture. Le trop grand désir d’une vie nouvelle, du pouvoir et de la puissance, de la pratique, de la jouissance et du bonheur se fait sentir. La volonté d’atteindre le pouvoir, à n’importe quel prix, est une tendance propre à la civilisation. La culture est désintéressée dans ses suprêmes acquisitions, elle est contemplative, tandis que la civilisation est toujours intéressée. Lorsque l’esprit rationaliste renverse tous les obstacles spirituels, afin d’arriver à la jouissance et à l’utilisation de la « vie », lorsque la volonté et la soif de puissance et de domination, touchent au maximum, on peut dire que c’est la fin de la culture et le commencement de la civilisation. La civilisation, c’est la transition de la contemplation, de la création des valeurs à la « vie » même, à la recherche de cette vie. C’est la dissolution dans le courant vertigineux de la vie, c’est l’organisation de la « vie » et l’enivrement de la force vitale. Une tendance pratique, utilitaire, « réaliste », c’est-à-dire civilisatrice, se manifeste de plus en plus. Le grand art et la grande philosophie, ainsi que le symbolisme religieux, ne passionnent plus et ne se présentent plus comme la vraie vie. C’est un démenti de tout ce qui a été considéré comme sommet de la culture, comme son point culminant. On fait des efforts pour dévoiler le caractère non sacré et non symbolique de la culture. Devant le tribunal de la vie réelle, à l’époque de la civilisation, la culture spirituelle est tenue pour illusoire. Elle est considérée comme le leurre d’une conscience dépendante et sans liberté, comme un fruit irréel de la désorganisation sociale. La technique organisée doit affranchir définitivement l’humanité des illusions et des mensonges de la culture ; elle doit créer une civilisation entièrement « réelle ». Les illusions spirituelles de la culture ont été, pense-t-on, produites par la désorganisation de la vie, par l’impuissance de la technique. Ces illusions spirituelles disparaissent peu à peu ; elles sont vaincues au moment où la civilisation entre en possession de la technique et organise la vie… Le matérialisme économique est une philosophie typique et caractéristique pour l’époque de la civilisation. Cette conception dévoile le mystère de la civilisation, démontre son pathos intérieur. Ce n’est pas le matérialisme économique qui a créé le rôle prédominant de l’économisme et ce n’est pas cette théorie qui a provoqué l’abaissement de la vie spirituelle. La domination de l’économisme s’est manifestée dans la vie réelle et les réalités spirituelles se sont décomposées avant que le matérialisme économique l’ait reflété dans sa doctrine. L’idéologie du matérialisme économique est caractéristique pour l’époque de la civilisation, et c’est elle qui est la plus radicale. La civilisation est inévitablement dominée par l’économisme ; elle est technique de par sa nature ; et toute idéologie, toute culture spirituelle n’est qu’une illusion irréelle. Le caractère illusoire de toute idéologie et de toute spiritualité est mis à nu ; La civilisation passe à la « vie » vraiment réelle. La civilisation, contrairement à la culture, est irréligieuse dans ses bases ; l’esprit rationaliste y prend le dessus, mais cet esprit devient pragmatique et nullement abstrait. La civilisation n’est ni symbolique, ni hiérarchique, ni organique. Elle est réaliste, démocratique et mécanique. Elle ne cherche pas les acquisitions symboliques de la vie mais les acquisitions réelles. Elle cherche la vie et non pas ses images, ses symboles, des symboles de l’au-delà. Dans la divinisation, dans le capitalisme ainsi que dans le socialisme, le travail collectif prend la place de la création individuelle. La civilisation détruit l’élément personnel. L’affranchissement de l’individu qui doit, soi-disant, résulter de la civilisation est mortel pour toute originalité personnelle. L’élément purement individuel ne se manifeste que dans la culture. La volonté tendue vers la puissance de la « vie » anéantit la personnalité. Tel est le paradoxe de l’histoire. »

Le Destin de la Culture, Partie III, Nicolas Berdiaev

L’oeuvre complète est disponible sur larevuedesressources.org et en document (.pdf) ici

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29 juillet, 2009 at 22:00 by admin

Tags: civilisation, Culture, destin de la culture, essaie, littérature, Nicolas Berdiaev, Philosophie
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28 juil 2009

Barcelona : Une chanson piratée sur YouTube fait exploser les ventes d’albums

Chaque jour des milliers de vidéos sont uploadées sur YouTube, des centaines d’entre elles utilisent des musiques ou images sous copyright.  Bien entendu parallèlement à ce phénomène d’envergure les majors et labels dénoncent des pertes énormes liées au simple fait que les consommateurs potentiels de biens culturels seraient plus attirés par des clips pirates que par une bonne chanson achetée sur Itunes. Mais certaines personnes du monde de la culture n’adhèrent pas à cette philosophie facile,  c’est entre autre le cas du groupe Barcelona qui après avoir eu une de leur chanson piratée voit les ventes de ce même morceau exploser.

La fameuse vidéo utilisant du matériel sous copyright (ci dessus) approche le million de visionnements. C’est sans doute pour cela que Barcelona a jugé bon de remercier l’auteur de cette vidéo et tous leurs nouveaux fans dans une vidéo réponse : « We’re so flattered to learn that it features one of our songs called Please Don’t Go » Déclare Brian Fennell , chanteur du groupe. « We want to let you know that it’s been affirming in the last week to watch in the iTunes store a correlation with the sales of our record ‘Absolutes’, growing in the rock charts as a result of having the song placed in the video » souligne le batteur Rhett Stonelake.

Morale de l’histoire ? Les contenus piratés ne sont pas la cause première des chutes de revenus qu’accusent les majors et labels. Au contraire, YouTube (et les autres) offrent aux artistes une publicité gratuite qui ne les « tue » pas. Diffuser ses créations musicales pour qu’un maximum de personnes les écoutent, c’est ce que la plupart des artistes veulent. Et la corolaire, c’est que bien souvent cette publicité « pirate » les aide à se faire connaître et à survivre. Un épisode à méditer.

On peut saluer aussi l’ouverture d’esprit du groupe qui au lieu de réclamer la mise hors ligne de la vidéo a préféré la laisser à disposition des internautes. Leur réponse et leur attitude envers les internautes sont elles aussi à saluer. Keep it up guys /-)

Info via TorrentFreak

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28 juillet, 2009 at 2:56 by admin

Tags: aquarium, barcelona, Brian Fennell, japan, Musique, pirate, please don't go, Rhett Stonelake, youtube
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28 juil 2009

OFFICIAL MJ TRIBUTE PARIS JULY 26

Un hommage français à Michael Jackson , c’était dimanche dernier dans les rues de Paris. La mort du roi de la pop a vu de nombreux hommages du style « flash mob » et ce aux quatre coins du monde. Voici un article les référençant.

Description de la vidéo : « Cet événement a eu lieu a Paris le dimanche 26 juillet 2009 d’après une idee originale du collectif de danseur suedois BOUNCE. Lior Roth s’est inspiree de cette initiative pour créer la BAB (La Bande a Bordel). La BAB est un collectif de 6 amis issus d’univers professionnels differents mais complementaires, tous reunis par la passion du bordel organise. La BAB a voulu rendre hommage au Roi de la Pop en organisant ces 3 flashmobs en plein centre de Paris. La BAB c’est Lior, Le Natoub, John, Rachel, Yoram et Roxane. »

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28 juillet, 2009 at 0:01 by admin

Tags: 26 juillet, clip, flash mob, king of pop, michael jackson, paris, Vidéo
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27 juil 2009

Frédéric Mitterrand, un ministre « godillot » ?

Quelle désillusion ! Il faut dire que beaucoup, et moi le premier, voyait en la nomination de Frédéric Mitterrand un tournant et un nouvel espoir pour le monde de la Culture. Car, oui c’est indéniablement un homme de Culture qui a touché à peu près à tout ce qu’un citoyen normal associe à la Culture : écrivain, présentateur télé, producteur… Bref il apparaissait indéniable que le bonhomme était d’une autre trempe que la catastrophique Christine Albanel, et pourtant…

En fait c’est le débat autour d’Hadopi 2 qui a semé le trouble et la confusion parmi les internautes, artistes et parlementaires qui voulaient « y croire ». Mais croire à quoi ? Croire que la Culture et la création seront remis sur le devant de la scène politique française, croire que la culture, au même titre que l’éducation, redeviendrait ce pilier fondateur de la République qui réunirait et élèverait les français vers plus de clairvoyance et d’égalité. Les déclarations selon lesquelles il ne voulait nullement de Frédéric Lefebvre comme secrétaire d’état chargé à la communication ou encore qu’il regrettait de ne pas être « assez téléchargé à son goût » parachevaient cet état de transition baigné de douce illusion « d’un moins pire qu’Albanel ». Mal en pris, le ministre a très rapidement montré les limites de sa marche de manœuvre en se ralliant à la pensée gouvernementale inculquée par le Président, véritable chef des armées institutionnelles chargées de remodeler la société française. Dans cette atmosphère où ne pas se plier à ce projet fait de vous un « réactionnaire conservateur » (dixit MAM), Mitterrand a sans doute choisit la voie de la sécurité en même temps que celle de la facilité. Mais dans ce choix il apporte son aide à la domination des majors sur le culture et indirectement sur nous.

Il ne fait nul doute que Frédéric Mitterrand hérite malgré lui de cette vision d’une Culture au rabais dont le budget n’a cessé de diminuer depuis que la droite est au pouvoir pour redevenir un ministère de seconde zone bon à financer le concert de Johnny ou la répréssion des internautes, et pendant ce temps là la vraie création souffre. Des ministres qui confondent malgré eux les industries culturelles et les artistes, le porte monnaie des gros aux maigres recettes des petits.  « La musique, c’est du bruit qui pense » comme disait Victor Hugo, aujourd’hui c’est plus du bruit qui abrutie les masses, un bruit dénaturé de sa mélodie et de ses sentiments qui à défaut de peindre un monde plein de musicalité retombe dans ce simple bruit, certes régulier, mais dépourvu d’une quelque compte volonté émotionnelle. Plus globalement une Culture qui divertit les masses au lieu de les faire réfléchir et voyager dans des mondes oniriques aussi originaux les uns que les autres. Les vrais artistes ne sont certainement pas ceux vendant le plus de disques, bien au contraire.

Ce qui m’a particulièrement alarmé dans le comportement du Ministre c’est que ce dernier a défendu la loi dite Hadopi en faisant des déclarations grandiloquentes à vous faire pâlir. Des intervention vides de sens nous montrant un ministre ne maîtrisant pas le projet de loi mais le défendant comme  la prunelle de ses yeux. Le fait de comparer les pirates aux chauffards et de se ranger systématiquement derrière le piètre rapporteur Franck Riester nous montre de quoi le personnage est capable ou justement de quoi il n’est pas capable. Le pire à mes yeux reste son oral d’entrée à l’Assemblée nationale, un oral où la verve particulière de l’homme donnait toute sa mesure au pathos et reléguait le logos au bas fond du caniveau. Ses allusions à Arletty, Edith Piaf et Serge Gainsbourg permettaient selon lui de rapprocher la Création et Hadopi : «  Ce texte parle des auteurs, alors je les cite« . C’est clair, ça pourrait presque passer aux yeux des français et internautes, mais cette phrase a fait jaillir en moi un élan de révolte : comment peut on citer des artistes n’étant plus de ce monde pour défendre un texte de loi? Le tout dans une déclaration qui se révèle  grandiloquente et pathétique pour qui sait prendre la distance et le recul nécessaire. Le ministre ne se salit donc pas en citant ses grands noms de la Culture, mais l’effet inverse c’est qu’il salit indéniablement ces artistes en les liant à une loi liberticide.

Nul doute qu’il n’a pas la hargne qui selon moi fait un bon ministre de la Culture, la volonté de changer le rapport à la Culture qu’ont les citoyens en favorisant la création.

Article fait à l’arrache tard dans la nuit /-) (peu de liens…)

Crédit Photo : CC BY The Wandering Angel

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27 juillet, 2009 at 2:20 by admin

Tags: Culture, frédéric, godillot, hadopi, majors, ministre, mitterrand, Politique
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21 juil 2009

Quand Amazon efface des oeuvres de George Orwell…

Amazon, géant de la vente de biens culturels en général et de livres en particulier vient de commettre une bourde monumentale. Vous connaissez sans doute le principe des livres numérisés achetables en ligne et consultables sur Kinble (livres électroniques), un principe plein d’avenir destiné à supplanter les livres sur le long terme. Cela paraissait être une alternative écolo, peu encombrante et sympa… Je dis bien paraissait.

Amazon a vendu ainsi des milliers de livres numérisés aux USA et un peu partout dans le monde, des milliers de Kindle remplis d’œuvres littéraires et autre documents aussi divers que variés fleurissaient dans les foyers. Mais il y a quelques jours le site a soudainement effacé un nombre conséquent d’œuvres sur les lecteurs numériques des acheteurs ! Une société tierce, MobileReference, aurait posté les œuvres sans autorisation des ayants-droits sur la plateforme de téléchargement d’Amazon. Problème de droits d’auteur oblige, Amazon a décidé d’agirde manière très pragmatique à la question : supprimer les livres concernés des serveurs privant ainsi les acheteurs de leur bien acheté « légalement » via le site. Les acheteurs ont été remboursés bien entendu, mais là n’est pas tellement le point le plus important…

Parmi les livres supprimés on peut nommer la série Twilight de Stephenie Meyer, Harry Potter de J.K. Rowling et surtout deux livres de l’auteur anglais George Orwell : 1984 et la Ferme des animaux… Parce que oui, l’histoire racontée par ces deux livres et ce qui vient de leur arriver sur Amazon peuvent être mis en parallèle. Dans 1984, le monde vie en totale dictature, les faits et gestes des hommes sont surveillés, leurs esprits éduqués, leurs âmes annihilés. La censure gouvernementale efface toutes traces d’articles gênants pour le régime en les expédiant dans des fentes murales menant à des fournaises, appelées « trou de mémoire« . Les articles et livres contredisant les faits et dires de Big Brother sont quant à eux soit détruits ou modifiés. Le rapprochement avec l’épisode des Kindle est assez évident à faire, aujourd’hui le savoir et la connaissance sont de plus en plus digitalisées d’une part et leur diffusion est de plus en plus limitée à cause du droit d’auteur et du droit à le propriété intellectuelle. A digitaliser les œuvres on perd l’assurance de vraiment posséder cette œuvre et surtout de partager celle ci sans contrainte (prêter un livre n’est pas du piratage ?), une bibliothèque numérique peut à n’importe quel moment disparaître, à l’heure où Hadopi fait sur retour à l’assemblée nationale, inutile pour moi de développer. Les droits d’auteurs et leur abus mettent en place une véritable tyrannie du savoir où ce dernier peut être interdit à certains à cause de son statut de diffusion. Un monde où la Culture et la connaissance pourront être totalement soumises aux éditeurs et auteurs, un monde où pourtant tous les outils sont réunis pour diffuser et partager la Culture et le Savoir au monde entier…

Pour finir je vous laisse un commentaire d’un (ex ?) utilisateur d’Amazon :

« La chose la plus terrifiante est qu’Amazon a la possibilité d’effacer ma propriété privée – un livre que je pensais avoir acheté, pas une licence – sur un lecteur que je pensais posséder, et pas louer. Il semble que la seule chose que nous pouvons faire pour prévenir de tels comportements orwelliens est d’acheter un livre papier. Au moins, un mandat de perquisition serait requis. »

Jerry L. Roger

Autant se dire les livres physiques (format papier) on encore un bel avenir avenir devant eux, aucun risque se faire choper pour partage de livres, aucun risque de le voir supprimer par l’éditeur (à moins qu’on vienne chez vous le brûler…).

Crédit Photo : CC BY bennylin0724

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21 juillet, 2009 at 22:40 by admin

Tags: 1984, amazon, droits d'auteur, george orwell, internet, kindle, livre, propriété intellectuelle
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