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Pauvres gens misérables, peuples insensés, nations opiniâtres à votre mal et aveugles à votre bien ! Vous vous laissez enlever sous vos yeux le plus beau et le plus clair de votre revenu, vous laissez piller vos champs, voler et dépouiller vos maisons des vieux meubles de vos ancêtres ! Vous vivez de telle sorte que rien n’est plus à vous. Il semble que vous regarderiez désormais comme un grand bonheur qu’on vous laissât seulement la moitié de vos biens, de vos familles, de vos vies. Et tous ces dégâts, ces malheurs, cette ruine, ne vous viennent pas des ennemis, mais certes bien de l’ennemi, de celui-là même que vous avez fait ce qu’il est, de celui pour qui vous allez si courageusement à la guerre, et pour la grandeur duquel vous ne refusez pas de vous offrir vous-mêmes à la mort. Ce maître n’a pourtant que deux yeux, deux mains, un corps, et rien de plus que n’a le dernier des habitants du nombre infini de nos villes. Ce qu’il a de plus, ce sont les moyens que vous lui fournissez pour vous détruire. D’où tire-t-il tous ces yeux qui vous épient, si ce n’est de vous ? Comment a-t-il tant de mains pour vous frapper, s’il ne vous les emprunte ? Les pieds dont il foule vos cités ne sont-ils pas aussi les vôtres ? A-t-il pouvoir sur vous, qui ne soit de vous-mêmes ? Comment oserait-il vous assaillir, s’il n’était d’intelligence avec vous ? Quel mal pourrait-il vous faire, si vous n’étiez les receleurs du larron qui vous pille, les complices du meurtrier qui vous tue et les traîtres de vous-mêmes ? Vous semez vos champs pour qu’il les dévaste, vous meublez et remplissez vos maisons pour fournir ses pilleries, vous élevez vos filles afin qu’il puisse assouvir sa luxure, vous nourrissez vos enfants pour qu’il en fasse des soldats dans le meilleur des cas, pour qu’il les mène à la guerre, à la boucherie, qu’il les rende ministres de ses convoitises et exécuteurs de ses vengeances. Vous vous usez à la peine afin qu’il puisse se mignarder dans ses délices et se vautrer dans ses sales plaisirs. Vous vous affaiblissez afin qu’il soit plus fort, et qu’il vous tienne plus rudement la bride plus courte. Et de tant d’indignités que les bêtes elles-mêmes ne supporteraient pas si elles les sentaient, vous pourriez vous délivrer si vous essayiez, même pas de vous délivrer, seulement de le vouloir.
Extrait du Discours de la servitude volontaire.
Livre disponible en intégralité en version HTML et en PDF. Texte publié en 1549 mais ô combien actuel dans sa vision du pouvoir politique ! Quant à moi je ne sais pas quand je reviendrai pour blogguer « régulièrement », je n’ai pas le temps en ce moment (Job d’été et rentrée en vue …). Bref, j’espère dans pas longtemps ! Vous pouvez toujours me suivre sur Twitter, où je suis un poil plus actif…
Crédit Photo : CC BY Vincepal
« Pour comprendre le sort de la culture, il faut l’examiner dans sa dynamique, il faut pénétrer dans sa dialectique fatale. La culture est un processus vivant. Nous devons constater qu’elle ne peut se maintenir à sa hauteur moyenne ; atteinte dans la période de son épanouissement, sa stabilité a des limites. Dans chaque type historique de culture on constate une période de dégradation, de descente et une transition inévitable à un état qui ne peut plus être nommé culture. Le trop grand désir d’une vie nouvelle, du pouvoir et de la puissance, de la pratique, de la jouissance et du bonheur se fait sentir. La volonté d’atteindre le pouvoir, à n’importe quel prix, est une tendance propre à la civilisation. La culture est désintéressée dans ses suprêmes acquisitions, elle est contemplative, tandis que la civilisation est toujours intéressée. Lorsque l’esprit rationaliste renverse tous les obstacles spirituels, afin d’arriver à la jouissance et à l’utilisation de la « vie », lorsque la volonté et la soif de puissance et de domination, touchent au maximum, on peut dire que c’est la fin de la culture et le commencement de la civilisation. La civilisation, c’est la transition de la contemplation, de la création des valeurs à la « vie » même, à la recherche de cette vie. C’est la dissolution dans le courant vertigineux de la vie, c’est l’organisation de la « vie » et l’enivrement de la force vitale. Une tendance pratique, utilitaire, « réaliste », c’est-à-dire civilisatrice, se manifeste de plus en plus. Le grand art et la grande philosophie, ainsi que le symbolisme religieux, ne passionnent plus et ne se présentent plus comme la vraie vie. C’est un démenti de tout ce qui a été considéré comme sommet de la culture, comme son point culminant. On fait des efforts pour dévoiler le caractère non sacré et non symbolique de la culture. Devant le tribunal de la vie réelle, à l’époque de la civilisation, la culture spirituelle est tenue pour illusoire. Elle est considérée comme le leurre d’une conscience dépendante et sans liberté, comme un fruit irréel de la désorganisation sociale. La technique organisée doit affranchir définitivement l’humanité des illusions et des mensonges de la culture ; elle doit créer une civilisation entièrement « réelle ». Les illusions spirituelles de la culture ont été, pense-t-on, produites par la désorganisation de la vie, par l’impuissance de la technique. Ces illusions spirituelles disparaissent peu à peu ; elles sont vaincues au moment où la civilisation entre en possession de la technique et organise la vie… Le matérialisme économique est une philosophie typique et caractéristique pour l’époque de la civilisation. Cette conception dévoile le mystère de la civilisation, démontre son pathos intérieur. Ce n’est pas le matérialisme économique qui a créé le rôle prédominant de l’économisme et ce n’est pas cette théorie qui a provoqué l’abaissement de la vie spirituelle. La domination de l’économisme s’est manifestée dans la vie réelle et les réalités spirituelles se sont décomposées avant que le matérialisme économique l’ait reflété dans sa doctrine. L’idéologie du matérialisme économique est caractéristique pour l’époque de la civilisation, et c’est elle qui est la plus radicale. La civilisation est inévitablement dominée par l’économisme ; elle est technique de par sa nature ; et toute idéologie, toute culture spirituelle n’est qu’une illusion irréelle. Le caractère illusoire de toute idéologie et de toute spiritualité est mis à nu ; La civilisation passe à la « vie » vraiment réelle. La civilisation, contrairement à la culture, est irréligieuse dans ses bases ; l’esprit rationaliste y prend le dessus, mais cet esprit devient pragmatique et nullement abstrait. La civilisation n’est ni symbolique, ni hiérarchique, ni organique. Elle est réaliste, démocratique et mécanique. Elle ne cherche pas les acquisitions symboliques de la vie mais les acquisitions réelles. Elle cherche la vie et non pas ses images, ses symboles, des symboles de l’au-delà. Dans la divinisation, dans le capitalisme ainsi que dans le socialisme, le travail collectif prend la place de la création individuelle. La civilisation détruit l’élément personnel. L’affranchissement de l’individu qui doit, soi-disant, résulter de la civilisation est mortel pour toute originalité personnelle. L’élément purement individuel ne se manifeste que dans la culture. La volonté tendue vers la puissance de la « vie » anéantit la personnalité. Tel est le paradoxe de l’histoire. »
Le Destin de la Culture, Partie III, Nicolas Berdiaev
L’oeuvre complète est disponible sur larevuedesressources.org et en document (.pdf) ici
Fahrenheit, Between the lines, the movie envoyé par Dedyone – Regardez plus de films, séries et bandes annonces.,
Pour ceux d’entre vous ayant lu Fahrenheit 451 vous verrez dans cette courte mais excellente vidéo une représentation fidèle de l’univers sombre et de l’atmosphère psychologique du livre de Ray Bradbury. Le personnage principal, Montag, y est dépeint comme dans le film : un personnage rongé par son quotidien d’incendiaire, les cernes noires et un air fatigué par la vie et l’existence. C’est aussi une représentation qui décrit bien le fond et le message de l’oeuvre : un homme cherchant à s’évader d’un monde autoritaire via la lecture, un homme qui sera pourchassé par les siens à cause de cette volonté émancipatrice.
Description de la vidéo :
Film d’école basé sur la nouvelle Fahrenheit 451 par Ray Bradbury, L.I.S.A.A, Paris /2009.
Un pompier qui vie dans une societé ou les livres sont illegal, un monde totalitaire ou le rêve et la cultures est interdite. Son job est de bruler les livres mais l’un d’entre eux attire ça curiosité et il prend le risque de lire le livre qu’il est supposé bruler.
School movie based on the novel Fahrenheit 451 by ray bradbury, L.I.S.A.A, Paris /2009 A fireman who lives in a society in which books are illegal, a totalitary world where dreams and culture are blast. His job is not to extinguish fires, but to light them. He burns books, This newfound curiosity gets him into trouble when he takes an interest in reading the books that he’s supposed to burn.
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Une vidéo bien réalisée nous montrant « La Déclaration Universelle des Droits de l’Homme » en motion graphics. La vidéo n’était disponible qu’en anglais et espagnol sur Vimeo, je me suis donc pressé d’y ajouter la version française ;-). On peut saluer le travail des artistes qui ont réussi à mettre au goût du jour ce texte fondateur des démocraties occidentales, un texte qui reste malheureusement toujours d’actualité même en France…
Version française de la vidéo « The Universal Declaration of Human Rights » vimeo.com/1823335
Created by Seth Brau
Produced by Amy Poncher
Music by Rumspringa courtesy Cantora Records

Quelle désillusion ! Il faut dire que beaucoup, et moi le premier, voyait en la nomination de Frédéric Mitterrand un tournant et un nouvel espoir pour le monde de la Culture. Car, oui c’est indéniablement un homme de Culture qui a touché à peu près à tout ce qu’un citoyen normal associe à la Culture : écrivain, présentateur télé, producteur… Bref il apparaissait indéniable que le bonhomme était d’une autre trempe que la catastrophique Christine Albanel, et pourtant…
En fait c’est le débat autour d’Hadopi 2 qui a semé le trouble et la confusion parmi les internautes, artistes et parlementaires qui voulaient « y croire ». Mais croire à quoi ? Croire que la Culture et la création seront remis sur le devant de la scène politique française, croire que la culture, au même titre que l’éducation, redeviendrait ce pilier fondateur de la République qui réunirait et élèverait les français vers plus de clairvoyance et d’égalité. Les déclarations selon lesquelles il ne voulait nullement de Frédéric Lefebvre comme secrétaire d’état chargé à la communication ou encore qu’il regrettait de ne pas être « assez téléchargé à son goût » parachevaient cet état de transition baigné de douce illusion « d’un moins pire qu’Albanel ». Mal en pris, le ministre a très rapidement montré les limites de sa marche de manœuvre en se ralliant à la pensée gouvernementale inculquée par le Président, véritable chef des armées institutionnelles chargées de remodeler la société française. Dans cette atmosphère où ne pas se plier à ce projet fait de vous un « réactionnaire conservateur » (dixit MAM), Mitterrand a sans doute choisit la voie de la sécurité en même temps que celle de la facilité. Mais dans ce choix il apporte son aide à la domination des majors sur le culture et indirectement sur nous.
Il ne fait nul doute que Frédéric Mitterrand hérite malgré lui de cette vision d’une Culture au rabais dont le budget n’a cessé de diminuer depuis que la droite est au pouvoir pour redevenir un ministère de seconde zone bon à financer le concert de Johnny ou la répréssion des internautes, et pendant ce temps là la vraie création souffre. Des ministres qui confondent malgré eux les industries culturelles et les artistes, le porte monnaie des gros aux maigres recettes des petits. « La musique, c’est du bruit qui pense » comme disait Victor Hugo, aujourd’hui c’est plus du bruit qui abrutie les masses, un bruit dénaturé de sa mélodie et de ses sentiments qui à défaut de peindre un monde plein de musicalité retombe dans ce simple bruit, certes régulier, mais dépourvu d’une quelque compte volonté émotionnelle. Plus globalement une Culture qui divertit les masses au lieu de les faire réfléchir et voyager dans des mondes oniriques aussi originaux les uns que les autres. Les vrais artistes ne sont certainement pas ceux vendant le plus de disques, bien au contraire.
Ce qui m’a particulièrement alarmé dans le comportement du Ministre c’est que ce dernier a défendu la loi dite Hadopi en faisant des déclarations grandiloquentes à vous faire pâlir. Des intervention vides de sens nous montrant un ministre ne maîtrisant pas le projet de loi mais le défendant comme la prunelle de ses yeux. Le fait de comparer les pirates aux chauffards et de se ranger systématiquement derrière le piètre rapporteur Franck Riester nous montre de quoi le personnage est capable ou justement de quoi il n’est pas capable. Le pire à mes yeux reste son oral d’entrée à l’Assemblée nationale, un oral où la verve particulière de l’homme donnait toute sa mesure au pathos et reléguait le logos au bas fond du caniveau. Ses allusions à Arletty, Edith Piaf et Serge Gainsbourg permettaient selon lui de rapprocher la Création et Hadopi : « Ce texte parle des auteurs, alors je les cite« . C’est clair, ça pourrait presque passer aux yeux des français et internautes, mais cette phrase a fait jaillir en moi un élan de révolte : comment peut on citer des artistes n’étant plus de ce monde pour défendre un texte de loi? Le tout dans une déclaration qui se révèle grandiloquente et pathétique pour qui sait prendre la distance et le recul nécessaire. Le ministre ne se salit donc pas en citant ses grands noms de la Culture, mais l’effet inverse c’est qu’il salit indéniablement ces artistes en les liant à une loi liberticide.
Nul doute qu’il n’a pas la hargne qui selon moi fait un bon ministre de la Culture, la volonté de changer le rapport à la Culture qu’ont les citoyens en favorisant la création.
Article fait à l’arrache tard dans la nuit /-) (peu de liens…)
Crédit Photo : CC BY The Wandering Angel
En ce moment je fais des billets assez légers mais n’empêche j’essaye que cela reste en lien avec l’actualité politique ou Web. Ce que je vous présente aujourd’hui c’est une série limitée intitulée « SMALL BROTHER IS WATCHING YOU » réalisée par un artiste engagé que j’adore : Goin. Cette série de 30 exemplaires est réalisée au pochoir et à la bombe aérosol. La taille d’un exemplaire est de 50cm*23cm, ce qui peut paraître petit, mais bon c’est pour coller à la thématique on va dire /-). Plus globalement si vous êtes fan de ce genre de production, je vous conseille de jeter un oeil sur Itableau.fr.
Sur l’artiste :
« La grande productivité de cet artiste du pochoir à l’héritage punk transgressif n’est pas sans rappeler celle d’un Basquiat des années Pop-art. Alliant doctement finesse et déconstructivisme, Goin nous transcende tant par sa technique que par son message engagé. Il fusionne maîtrise graphique, typographique et violents élans chaotiques. En perpétuelle mutation, Goin, c’est la puissance d’un visuel militant vu par le prisme d’un art graphique possédé. »
Le site de Goin
Artiste de la Demeure du Chaos

En cette période interminable de vacances étudiantes je dois avouer que je n’ai pas nécessairement le temps et la motivation de plancher sur des articles de fond le plus souvent longs… Ces petits aléas de la vie que sont les vacances, les grasses matinées, les potes ont pour le moins bouleversé la ligne éditoriale du blog : moins d’articles, beaucoup moins longs.
Paradoxalement mon activité sur les réseaux sociaux est en plein essor ! En fait c’est sur Twitter que je me déchaîne depuis quelques jours, ce site de micro-blogging instantané (dur à qualifier) n’en finit pas de me surprendre et m’économise pas mal de mon temps. En fait son système d’information en 140 caractères est séduisant : pas besoin de passer un temps fou pour partager des informations. Il suffit juste de comprendre les codes du parfait twitternaute (@, RT, #) et avoir des followers, je vous garanti qu’une fois ces deux composantes acquises on s’engage dans un voyage sans retour. L’atout indéniable de Twitter c’est que tout s’y passe. C’est sur ce site que vous pouvez savoir avant tout le monde que Michael Jackson est entre la vie et la mort, c’est aussi sur ce site que vous pouvez savoir ce qui se passe dans les rues de Teheran en Iran, enfin c’est encore et toujours sur ce site que vous pouvez partager les réactions à chaud d’un bon vieux débat parlementaire. Les fonctionnalités permettant de sélectionner des flux d’information précis et de répondre à un tweet d’une personne donne à Twitter un aspect convivial où rien ne se loupe et tout se sait.
Twitter se présente donc comme une alternative de choix pour moi en cette période estivale, c’est rapide, clair et intéressant. Un univers spécial et original : on peut suivre les personnalités politiques comme Benoit Hamon, NKM, ou votre élu local. On peut aussi assister à des clashs cinglants de 140 caractères entre ces mêmes personnalités, bref tout une atmosphère de @reply et de retweets à découvrir ;-). (Et no soucy, je publie toujours des articles sur hajen.fr /-).
Excellent article sur le sujet à lire : Twitter, Twitter, Twitter… écrit par Fabrice Epelboin pour ReadWriteWeb
Crédit Photo : CC BY-NC-ND mallix
Alors que des voix se lèvent à l’UMP pour dénoncer un texte dont tout le monde a conscience « qu’il est mort et qu’il faut en sortir » on assiste à une scène pour le moins comique : Jean François Copé, petit chef du groupe UMP à l’Assemblée Nationale, s’inquiète d’une possible « obstruction« des socialistes qui empêcherait le texte d’être voté en cette belle période estivale qu’est juillet.
Vouloir faire passer cette loi en juillet, en plein pendant les vacances d’été, n’a selon moi que deux buts. Il s’agit tout d’abord d’empêcher l’opinion publique, déjà peu informée sur Hadopi, de trop entendre parler de ce projet de loi qui se met à dos les internautes, les parlementaires de tout bord, les artistes et même la Constitution. Ensuite il s’agit d’amortir le choc pour le gouvernement si ce texte venait à être rejeté par l’AN ou censuré par le Conseil Constitutionnel, comme le fut Hadopi 1. C’est dans cette optique que s’inscrit la démarche gouvernementale, toujours selon moi, une logique qui se confirmerait avec les dires de Copé :
« Je m’inquiéterais de voir les socialistes repartir sur des tentations d’obstruction sur un texte comme celui-là. C’est la dernière ligne droite, les artistes, auteurs, compositeurs et interprètes, tout le monde de la création française est mobilisé pour que ce texte soit enfin l’élément régulateur qui puisse lutter contre le téléchargement illégal. Je souhaite de tout coeur que les socialistes n’engagent pas une bataille de procédure avec pour objectif de bloquer l’adoption de ce texte »
C’est beau, c’est grandiose en fait. Les méchants socialistes se placeraient donc du côté de ceux n’aimant pas la création si il venaient à mettre des bâtons dans les roues de l’Hadopi 2. Des parlementaires irresponsables qui n’ont pas compris l’importance nationale d’un texte censuré par le CC (Conseil Constitutionnel) et qui pourrait bien être censuré une fois de plus par le CC et le Conseil d’état ! Déjà pour Jean François Copé les députés UMP n’avaient pas le droit de ne pas voté pour Hadopi 1, voilà que maintenant c’est tous les parlementaires qui agiraient en irresponsables si Hadopi 2 ne passait pas comme prévu cet été. Un texte qui doit rester conforme à la version adopté par le Sénat, parce que oui un passage par la Commission mixte paritaire ça prend du temps. Vive l’intégrité.
Du côté de l’opposition on a bien l’intention de tirer un maximum dans les pattes de la loi, déjà les socialistes ont coupé court à la rumeur selon laquelle ils ne saisiraient pas la CC en confirmant leur intention de faire passer la loi par le CC et le Conseil d’état si cette dernière était adoptée à l’AN. Du côté des députés on se veut joueurs : Christian Paul (PS) voit bien dans bien là une « occasion de montrer qui défend réellement la création et qui fait illusion.« Jean-Marc Ayrault a quant à lui réussi à négocier une rencontre du groupe socialiste avec le ministre de la culture, Frédéric Mitterrand, lundi après-midi. Soit la veille du lancement des débats à l’Assemblée nationale. Le meilleur pour la fin : le porte parole du parti Socialiste, Benoit Hamon, a répondu à Copé en un seul tweet clair et incisif (qui est d’ailleurs devenu mon premier tweet favori pour la petite histoire =) :
Bref, voilà qui nous donne le temps de respirer et d’envisager les futurs débats avec des internautes et des députés gonflés à bloc en cette rentrée parlementaire 2009. Espérons que ce soit le cas.
Crédit Photo : CC BY-NC-SA Richard Ying