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« Heureusement y a internet qui a débridé les énergies “. Allez voir ce que c’est internet, allez regarder, si vous le faites, moi je le fais assez fréquemment, allez regarder les commentaires sur les … quand ce n’est … quand ce n’est pas contrôlé, quand ce n’est pas géré, quand la parole est libre. J’ai dit un jour, j’ai eu le malheur de dire que c’était le tout-à-l’égout de la démocratie, que là on voyait et lisait des choses épouvantables et évidemment depuis sur le net je me fais cartonner systématiquement parce que j’ai eu le malheur de dire que c’est une guerre de liberté et de dossiers individuels dans lesquels on peut raconter n’importe quoi, et ben franchement c’est pas acceptable et c’est pas aimable. Et je trouve que la société qui modère ça, qui tempère ça, qui créé des interdits est une société qui progresse. »
Je vous laisse faire votre propre opinion de ce discours de l’initiateur de la loi Création et Internet, le contenu parle de lui même, malheureusement.
Description :
Vidéo prise par Mediapart le vendredi 4 septembre aux Universités d’été du Medef, et insérée dans un article intitulé: Minc et Olivennes célèbrent la « pensée unique ». Voici le lien pour le retrouver: http://www.mediapart.fr/journal/france/040909/minc-et-olivennes-celebrent-la-%C2%ABpensee-unique%C2%BB
Avocat spécialisé dans le droit de l’Internet, C.M. s’inquiète de l’évolution du monde numérique au regard du respect de nos libertés. Symptomatique de ce danger, la substitution du terme « citoyen » par « internaute » crée, selon lui, une citoyenneté numérique de seconde zone. Et certaines garanties ou libertés ne pourront survivre sans intervention législative, et sans la reprise en mains d’Internet, son auto-régulation, par les internautes eux-même.

Cette tribune, initialement publié chez nos confrères de Ecrans.fr, est sous licence CC-BY-NC-ND
Une ministre est récemment injuriée dans des commentaires postés par des internautes en réaction à une vidéo postée sur le site de partage de DailyMotion. Elle sollicite l’identification des internautes concernés afin d’introduire une procédure judiciaire à leur encontre. Sa réaction semble justifiée, après tout elle ne fait qu’exercer le droit dont dispose tout citoyen d’obtenir réparation d’une violation des lois de la République. L’objet de cet article n’est pas de discuter de la démultiplication des procédures engagées par des hommes ou femmes politiques à l’encontre de citoyens mais de démontrer que, si nous n’y prenons pas garde dès maintenant, l’évolution du monde numérique se fera au détriment de nos libertés les plus fondamentales.
Une des questions essentielles pour la compréhension de la révolution sociale initiée par Internet est celle de la substitution ou de la complémentarité des activités réelles et numériques. Il est ardu de comparer le monde numérique et le monde réel tant les référentiels sont différents. On pourra citer quelques exemples d’activités substituées ou complémentaires. Le développement des photographies sur Internet s’est substitué aux officines de photographies, et les cartes mémoire ont remplacé les films argentiques. D’autres activités sont disponibles sur Internet et dans le monde réel (l’utilisation du courriel n’est pas, par exemple, à ce jour exclusive de celle de la Poste, notamment pour l’envoi de documents originaux ou spécifiques) ou
sont, au contraire, totalement intolérantes à Internet (par exemple, manger, même si l’achat des provisions peut désormais se faire sur les sites de supermarchés en ligne). A ce stade, il est important de se rappeler que de plus en plus d’activités se dématérialisent au fur et à mesure de l’évolution exponentielle du monde numérique.
Une fois cette analyse effectuée pour une activité donnée, il est possible d’identifier les différences de traitement par la loi afin de déterminer l’évolution de nos libertés fondamentales lors du passage au numérique. Pour reprendre le cas précité, les messages postés par les internautes ne constituent rien d’autre qu’une discussion politique courante entre citoyens, telles que celles que connaissent tous les matins des milliers de bistrots en France. Personne ne niera ni n’attaquera cette tradition française citoyenne, cet espace de liberté où certains abus regrettables peuvent avoir lieu mais ces abus cèdent le pas à l’utilité publique, sociale et politique de ces rencontres et discussions. Il est fort à parier que les commentaires postés sur le site DailyMotion ne sont pas plus excessifs que certaines discussions matinales dans un bistrot. Pourtant même une femme politique procédurière n’aurait ni l’idée ni les moyens de faire sanctionner les excès de ces discussions.
Pour l’instant, le débat public ou, plus largement, les discussions entre citoyens sont des activités pour lesquelles Internet est un support complémentaire et additionnel. Cela sera de moins en moins le cas et la rupture d’égalité pour les discussions tenues dans le monde réel et dans le monde numérique va lentement, mais sans doute aucun, se muer en une suppression de facto de cette liberté.
Le constat est sans appel : sans aucune intervention législative, du simple fait du changement de paradigme créé par Internet, certaines garanties ou libertés vont disparaître. D’autres, au contraire, vont naître. Ce qui fait dire d’Internet qu’il est tant un « espace de liberté » qu’un « vide juridique ». S’il est vrai, et fort heureusement, que l’avènement d’Internet peut avoir des aspects bénéfiques sur nos libertés, il serait faux de croire qu’il s’agit de nouvelles libertés. Ce n’est, au contraire, que des nouvelles manières d’exercer nos droits et libertés de citoyens. C’est en ce sens que l’utilisation du terme « vide juridique » est malicieux, tout comme celle du terme « internaute », car cela suggère qu’une législation, souvent répressive, est nécessaire.
De surcroît, la « mémoire » d’Internet et des systèmes de traitement informatisés est un défi immense alors que de plus en plus de nos activités quotidiennes se dématérialisent, nécessitant de nouvelles garanties légales ou constitutionnelles ou, à tout le moins, la réelle application de la législation existante. L’exemple le plus flagrant est bien évidemment le suicide collectif (organisé par des sociétés privés) de nos données personnelles, et donc de notre vie privée, alors que la Commission Nationale de l’Informatique et des Libertés ne dispose que d’un budget ridicule en comparaison au caractère fondamental de sa mission.
Nos libertés de citoyens subissent donc une triple attaque. Certaines sont mises en danger lors du passage au numérique, par la seule application de la loi actuelle. D’autres sont menacées par les nouvelles possibilités technologiques à disposition de sociétés privées ou de l’État, sans qu’aucune loi protectrice ne soit adoptée ou la législation existante appliquée. Enfin, des initiatives législatives ont pour objet ou
conséquence nécessaire la suppression de libertés fondamentales.
La clé de la protection — ou de l’atteinte, c’est selon — de nos libertés est donc la loi. Malheureusement, au lieu de voter des lois protectrices indispensables, le mouvement législatif est plutôt de voter des lois répressives de nos libertés. Ce n’est pas un problème lié à une mouvance politique, même si une minorité de nos députés ont conscience de ces risques, mais structurel, dans la mesure où Internet s’est créé, à la différence du minitel, hors de tout contrôle des hommes et femmes politiques qui en perdent leurs repères. Alors que jusqu’alors que les articles et commentaires les concernant étaient l’œuvre quasi-exclusive de journalistes du sérail, la démocratisation des blogs citoyens ou de Wikipédia les effrayent car ils en ont perdu le contrôle. C’est ce contrôle perdu qu’ils essaient de retrouver par des moyens législatifs plus ou moins légitimes.
Nul doute que cette volonté de pouvoir et de maintien de modèles usés est illégitime. Elle l’a toujours été. Mais avant l’avènement d’Internet cette emprise était discrète ou limitée. Internet permet de la rendre publique, mais aussi offre de nouvelles possibilités de contrôle dont la tendance législative actuelle tente de nous dessaisir.
S’ajoutent à cet aveuglement égoïste de la majorité de la classe politique les attaques portées à nos libertés par les sociétés privées, souvent multinationales. Le problème est double : le classe politique peut ne pas entendre l’urgence d’agir (son attention étant plutôt portée sur le maintien de leur contrôle) ou, de bonne foi, peut être sans pouvoir, par exemple concernant les sociétés situés hors de leur territoire. En outre, ces sociétés, dont le seul intérêt est celui de leurs actionnaires, ont un pouvoir de lobbying écrasant et les relations entre leurs dirigeants et le monde politique créé une situation de corruption structurelle constante. Plus encore, la perte de pouvoir du monde politique sur ces sociétés est régulière. Sauf à instaurer une gouvernance mondiale — à tout le moins sur certains aspects, comme ce qu’il est tenté de faire en réponse à la crise financière actuelle — , cette tendance va continuer.
Il serait vain d’espérer une prise de conscience de la classe politique, encore moins des sociétés privées, tant que les internautes ne se transformeront pas en citoyens responsables. Une première mesure simple serait d’effectuer des arbitrages personnels sur notre façon d’utiliser les services numériques à notre disposition. Cette auto-censure revient à ne pas sacrifier notre liberté et notre vie privée sur l’autel de la facilité ou de l’utilité, réelle ou perçue, de ces services. En raison de l’enjeu — nos libertés — cette analyse doit se faire avec à l’esprit la pire des évolutions que pourrait prendre le réseau, tant il est certain que toute donnée mise sur le réseau quitte définitivement notre sphère. Et que toute liberté perdue l’est probablement à tout jamais, jusqu’à la prochaine révolution. Cette irréversibilité est difficile à appréhender, surtout pour les plus jeunes et l’équilibre à trouver ténu sauf à être excessif et devenir un moine du numérique.
Tout citoyen doit ainsi s’imposer cette auto-régulation au moins aussi longtemps que la classe politique ne défendra pas une législation respectueuse des citoyens qui se devra de garantir a minima autant de garanties dans le monde numérique que celles dont nous bénéficions dans le monde réel. Heureusement, la révolution numérique a donné aux citoyens des moyens simples et efficaces de participer au débat public, même en pleine campagne ou au fond d’un garage. Il faut donc nous éduquer nous-mêmes, éduquer les représentants du peuple et lutter contre la corruption structurelle qui accompagne, dans tous les États du monde, le pouvoir. Car Internet ôte aux citoyens leurs dernières excuses : celles consistant à dire « je ne savais pas » ou « je ne peux rien faire ».
Enfin, dans les cas les plus extrêmes, la résistance, ou désobéissance c’est selon, civile s’imposera d’elle-même. La loi Création et Internet nous offrira l’occasion d’un premier acte en refusant d’installer, sur ses appareils électroniques personnels, un logiciel mouchard non libre et non interopérable et, qui plus est, payant, qui communiquera constamment avec une société privée. Une loi imposant cette installation préalable comme seul moyen de défense dans une procédure de nature pénale ne peut être, quoi qu’en en dise, que liberticide. Et il faudra faire connaître notre refus au gouvernement.
Cela serait gravement se méprendre sur ce qui précède que de croire que l’auteur souhaite un Internet libertaire ou anarchique, où la diffamation, l’injure et la contrefaçon seraient tolérées. Mais c’est bien la faute du législateur s’il n’a pas su faire promulguer des lois qui luttaient efficacement ou intelligemment contre ces excès. Que dire par exemple d’une loi, par ailleurs protectrice, comme la LCEN (Loi pour la confiance dans l’économie numérique) qui accroît le régime de
responsabilité d’un titulaire d’un site ou d’un blog qui choisirait de modérer a priori les commentaires qui y seront postés. Pourquoi n’existe-t-il aucune loi protégeant les particuliers qui éditent bénévolement sur des sites collaboratifs comme Wikipédia des contenus postés par d’autres utilisateurs afin, notamment, de supprimer des propos injurieux ou diffamatoires ? Quant aux droits d’auteurs et droits voisins, que penser par ailleurs d’un mouvement législatif qui n’a pas réussi à enrichir les créateurs, qui contribue au maintien d’intermédiaires condamnés à évoluer ou disparaître, et qui porte atteinte aux libertés des citoyens.
Certains pourront penser que ces attaques sur nos libertés sont très virtuelles, tant il est vrai que nous ne sommes qu’à l’aube des véritables problèmes. La crise financière, politique, économique et sociale qui nous frappe de plein fouet, ruinant la vie de millions de personnes, devrait rester notre priorité, tant il faut parer au plus urgent. Cet argument est cependant spécieux pour plusieurs raisons. D’une part, ces préoccupations et engagements ne sont pas exclusifs l’un de l’autre. D’autre part, de nombreuses libertés mises à mal dans notre vie numérique sont ou seront indispensables pour mettre en œuvre les véritables solutions à cette crise. Enfin et surtout, nous avons là l’occasion d’éviter de nous retrouver dans une situation où notre seul pouvoir sera de « parer au plus urgent ».
Reprenons le contrôle, n’oublions jamais l’origine du pouvoir, construisons une société intelligente, ouverte, et respectueuse. Faisons-le avant que notre seule alternative soit la servitude volontaire ou la révolution. Inventons des lois intelligentes, prenons en compte les nouveaux paradigmes, afin, qu’à nouveau, la loi libère.

Pauvres gens misérables, peuples insensés, nations opiniâtres à votre mal et aveugles à votre bien ! Vous vous laissez enlever sous vos yeux le plus beau et le plus clair de votre revenu, vous laissez piller vos champs, voler et dépouiller vos maisons des vieux meubles de vos ancêtres ! Vous vivez de telle sorte que rien n’est plus à vous. Il semble que vous regarderiez désormais comme un grand bonheur qu’on vous laissât seulement la moitié de vos biens, de vos familles, de vos vies. Et tous ces dégâts, ces malheurs, cette ruine, ne vous viennent pas des ennemis, mais certes bien de l’ennemi, de celui-là même que vous avez fait ce qu’il est, de celui pour qui vous allez si courageusement à la guerre, et pour la grandeur duquel vous ne refusez pas de vous offrir vous-mêmes à la mort. Ce maître n’a pourtant que deux yeux, deux mains, un corps, et rien de plus que n’a le dernier des habitants du nombre infini de nos villes. Ce qu’il a de plus, ce sont les moyens que vous lui fournissez pour vous détruire. D’où tire-t-il tous ces yeux qui vous épient, si ce n’est de vous ? Comment a-t-il tant de mains pour vous frapper, s’il ne vous les emprunte ? Les pieds dont il foule vos cités ne sont-ils pas aussi les vôtres ? A-t-il pouvoir sur vous, qui ne soit de vous-mêmes ? Comment oserait-il vous assaillir, s’il n’était d’intelligence avec vous ? Quel mal pourrait-il vous faire, si vous n’étiez les receleurs du larron qui vous pille, les complices du meurtrier qui vous tue et les traîtres de vous-mêmes ? Vous semez vos champs pour qu’il les dévaste, vous meublez et remplissez vos maisons pour fournir ses pilleries, vous élevez vos filles afin qu’il puisse assouvir sa luxure, vous nourrissez vos enfants pour qu’il en fasse des soldats dans le meilleur des cas, pour qu’il les mène à la guerre, à la boucherie, qu’il les rende ministres de ses convoitises et exécuteurs de ses vengeances. Vous vous usez à la peine afin qu’il puisse se mignarder dans ses délices et se vautrer dans ses sales plaisirs. Vous vous affaiblissez afin qu’il soit plus fort, et qu’il vous tienne plus rudement la bride plus courte. Et de tant d’indignités que les bêtes elles-mêmes ne supporteraient pas si elles les sentaient, vous pourriez vous délivrer si vous essayiez, même pas de vous délivrer, seulement de le vouloir.
Extrait du Discours de la servitude volontaire.
Livre disponible en intégralité en version HTML et en PDF. Texte publié en 1549 mais ô combien actuel dans sa vision du pouvoir politique ! Quant à moi je ne sais pas quand je reviendrai pour blogguer « régulièrement », je n’ai pas le temps en ce moment (Job d’été et rentrée en vue …). Bref, j’espère dans pas longtemps ! Vous pouvez toujours me suivre sur Twitter, où je suis un poil plus actif…
Crédit Photo : CC BY Vincepal
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Une vidéo bien réalisée nous montrant « La Déclaration Universelle des Droits de l’Homme » en motion graphics. La vidéo n’était disponible qu’en anglais et espagnol sur Vimeo, je me suis donc pressé d’y ajouter la version française ;-). On peut saluer le travail des artistes qui ont réussi à mettre au goût du jour ce texte fondateur des démocraties occidentales, un texte qui reste malheureusement toujours d’actualité même en France…
Version française de la vidéo « The Universal Declaration of Human Rights » vimeo.com/1823335
Created by Seth Brau
Produced by Amy Poncher
Music by Rumspringa courtesy Cantora Records

Amazon, géant de la vente de biens culturels en général et de livres en particulier vient de commettre une bourde monumentale. Vous connaissez sans doute le principe des livres numérisés achetables en ligne et consultables sur Kinble (livres électroniques), un principe plein d’avenir destiné à supplanter les livres sur le long terme. Cela paraissait être une alternative écolo, peu encombrante et sympa… Je dis bien paraissait.
Amazon a vendu ainsi des milliers de livres numérisés aux USA et un peu partout dans le monde, des milliers de Kindle remplis d’œuvres littéraires et autre documents aussi divers que variés fleurissaient dans les foyers. Mais il y a quelques jours le site a soudainement effacé un nombre conséquent d’œuvres sur les lecteurs numériques des acheteurs ! Une société tierce, MobileReference, aurait posté les œuvres sans autorisation des ayants-droits sur la plateforme de téléchargement d’Amazon. Problème de droits d’auteur oblige, Amazon a décidé d’agirde manière très pragmatique à la question : supprimer les livres concernés des serveurs privant ainsi les acheteurs de leur bien acheté « légalement » via le site. Les acheteurs ont été remboursés bien entendu, mais là n’est pas tellement le point le plus important…
Parmi les livres supprimés on peut nommer la série Twilight de Stephenie Meyer, Harry Potter de J.K. Rowling et surtout deux livres de l’auteur anglais George Orwell : 1984 et la Ferme des animaux… Parce que oui, l’histoire racontée par ces deux livres et ce qui vient de leur arriver sur Amazon peuvent être mis en parallèle. Dans 1984, le monde vie en totale dictature, les faits et gestes des hommes sont surveillés, leurs esprits éduqués, leurs âmes annihilés. La censure gouvernementale efface toutes traces d’articles gênants pour le régime en les expédiant dans des fentes murales menant à des fournaises, appelées « trou de mémoire« . Les articles et livres contredisant les faits et dires de Big Brother sont quant à eux soit détruits ou modifiés. Le rapprochement avec l’épisode des Kindle est assez évident à faire, aujourd’hui le savoir et la connaissance sont de plus en plus digitalisées d’une part et leur diffusion est de plus en plus limitée à cause du droit d’auteur et du droit à le propriété intellectuelle. A digitaliser les œuvres on perd l’assurance de vraiment posséder cette œuvre et surtout de partager celle ci sans contrainte (prêter un livre n’est pas du piratage ?), une bibliothèque numérique peut à n’importe quel moment disparaître, à l’heure où Hadopi fait sur retour à l’assemblée nationale, inutile pour moi de développer. Les droits d’auteurs et leur abus mettent en place une véritable tyrannie du savoir où ce dernier peut être interdit à certains à cause de son statut de diffusion. Un monde où la Culture et la connaissance pourront être totalement soumises aux éditeurs et auteurs, un monde où pourtant tous les outils sont réunis pour diffuser et partager la Culture et le Savoir au monde entier…
Pour finir je vous laisse un commentaire d’un (ex ?) utilisateur d’Amazon :
« La chose la plus terrifiante est qu’Amazon a la possibilité d’effacer ma propriété privée – un livre que je pensais avoir acheté, pas une licence – sur un lecteur que je pensais posséder, et pas louer. Il semble que la seule chose que nous pouvons faire pour prévenir de tels comportements orwelliens est d’acheter un livre papier. Au moins, un mandat de perquisition serait requis. »
Jerry L. Roger
Autant se dire les livres physiques (format papier) on encore un bel avenir avenir devant eux, aucun risque se faire choper pour partage de livres, aucun risque de le voir supprimer par l’éditeur (à moins qu’on vienne chez vous le brûler…).
Crédit Photo : CC BY bennylin0724
Alors que des voix se lèvent à l’UMP pour dénoncer un texte dont tout le monde a conscience « qu’il est mort et qu’il faut en sortir » on assiste à une scène pour le moins comique : Jean François Copé, petit chef du groupe UMP à l’Assemblée Nationale, s’inquiète d’une possible « obstruction« des socialistes qui empêcherait le texte d’être voté en cette belle période estivale qu’est juillet.
Vouloir faire passer cette loi en juillet, en plein pendant les vacances d’été, n’a selon moi que deux buts. Il s’agit tout d’abord d’empêcher l’opinion publique, déjà peu informée sur Hadopi, de trop entendre parler de ce projet de loi qui se met à dos les internautes, les parlementaires de tout bord, les artistes et même la Constitution. Ensuite il s’agit d’amortir le choc pour le gouvernement si ce texte venait à être rejeté par l’AN ou censuré par le Conseil Constitutionnel, comme le fut Hadopi 1. C’est dans cette optique que s’inscrit la démarche gouvernementale, toujours selon moi, une logique qui se confirmerait avec les dires de Copé :
« Je m’inquiéterais de voir les socialistes repartir sur des tentations d’obstruction sur un texte comme celui-là. C’est la dernière ligne droite, les artistes, auteurs, compositeurs et interprètes, tout le monde de la création française est mobilisé pour que ce texte soit enfin l’élément régulateur qui puisse lutter contre le téléchargement illégal. Je souhaite de tout coeur que les socialistes n’engagent pas une bataille de procédure avec pour objectif de bloquer l’adoption de ce texte »
C’est beau, c’est grandiose en fait. Les méchants socialistes se placeraient donc du côté de ceux n’aimant pas la création si il venaient à mettre des bâtons dans les roues de l’Hadopi 2. Des parlementaires irresponsables qui n’ont pas compris l’importance nationale d’un texte censuré par le CC (Conseil Constitutionnel) et qui pourrait bien être censuré une fois de plus par le CC et le Conseil d’état ! Déjà pour Jean François Copé les députés UMP n’avaient pas le droit de ne pas voté pour Hadopi 1, voilà que maintenant c’est tous les parlementaires qui agiraient en irresponsables si Hadopi 2 ne passait pas comme prévu cet été. Un texte qui doit rester conforme à la version adopté par le Sénat, parce que oui un passage par la Commission mixte paritaire ça prend du temps. Vive l’intégrité.
Du côté de l’opposition on a bien l’intention de tirer un maximum dans les pattes de la loi, déjà les socialistes ont coupé court à la rumeur selon laquelle ils ne saisiraient pas la CC en confirmant leur intention de faire passer la loi par le CC et le Conseil d’état si cette dernière était adoptée à l’AN. Du côté des députés on se veut joueurs : Christian Paul (PS) voit bien dans bien là une « occasion de montrer qui défend réellement la création et qui fait illusion.« Jean-Marc Ayrault a quant à lui réussi à négocier une rencontre du groupe socialiste avec le ministre de la culture, Frédéric Mitterrand, lundi après-midi. Soit la veille du lancement des débats à l’Assemblée nationale. Le meilleur pour la fin : le porte parole du parti Socialiste, Benoit Hamon, a répondu à Copé en un seul tweet clair et incisif (qui est d’ailleurs devenu mon premier tweet favori pour la petite histoire =) :
Bref, voilà qui nous donne le temps de respirer et d’envisager les futurs débats avec des internautes et des députés gonflés à bloc en cette rentrée parlementaire 2009. Espérons que ce soit le cas.
Crédit Photo : CC BY-NC-SA Richard Ying
Google a aujourd’hui le quasi monopole de l’Internet : les recherches, l’information, la pub, les e-mails… Mais ce que peu de gens savent c’est que derrière ces allures de gratuité Google conserve des données personnelles sur chacun d’entre nous et peu sans sourciller les donner à des organismes comme la CIA. Cela peu paraître assez mirobolant mais le géant du net grappille chaque jour un peu plus de terrain dans le contrôle du Web. Dernier évènement en date ? L’annonce de la sortie du système d’exploitation Google : Chrome OS.
Je suis tombé sur une vidéo assez étonnante sur le site du Libé‘. Un journaliste américain de la chaîne FoxNews nous fait une critique littéraire sans même avoir lu un livre. Bon déjà c’est pas très malin de sa part je vous l’accorde mais ça l’est encore moins quand son intervention tourne au blâme public, je dirais même à acharnement stupide contre un livre de seulement 125 pages ! Ce livre, c’est « L’insurrection qui vient« , un livre dénonçant les dérives du système capitaliste, un pouvoir de plus en plus arbitraire et plus globalement le modèle sociétal actuel. Un livre qui propose aussi un nouveau modèle d’organisation autonome dans des lieux autogérés, je ne fais pas vous faire le résumé du livre, il est disponible légalement et gratuitement ici (moi j’ai opté pour la version papier).
L’impact de ce livre est indéniable en France : des milliers d’exemplaires vendus, un ministre de l’intérieur n’en dormant plus, des fieffés sécuritaires qui en profitent… Si bien que la version anglaise sera bientôt disponible aux États unis début août ! Mais le côté conservateur du pays n’a visiblement pas envie que ce livre devienne un « best-seller » et s’est donc lancer dans une croisade de communication contre celui ci. C’est via FoxNews que l’appel a été lancé, via un journaliste éclairé, via toute une mise en scène flippante et démagogue. Parce que oui, selon le bonhomme ce livre prône la lutte armée, le terrorisme, la violence, la débauche… La vision manichéenne qu’il adopte en comparant ce livre diabolique avec son propre livre (qui lui est forcément bon) est assez pitoyable dans la mesure où il essaye d’enfermer ses spectateurs dans un mode de pensée prédéfini.
La volonté de faire peur à la population américaine est elle aussi incroyable : on agrémente les propos du journaliste avec des vidéos d’émeutes du monde entier. On cite des passages du livre en insistant bien sur le fait que les violence ont débuté en France avant de s’étendre en Grèce et que maintenant l’Amérique serait elle même menacée ! On personnalise aussi le danger avec Julien Coupat (auteur présumé du bouquin) histoire de le rendre plus présent et plus crédible aux yeux de l’américain moyen. Un ennemi qui ose même se rendre avec sa femme à New York en passant via le Canada ! Rendez vous compte ! Il vient dans cette ville ultra symbolique via une frontière non sécurisée !
Le meilleur est pour la fin : Après avoir passé 10 minutes à dénigrer un livre de 125 pages, le journaliste annonce qu’il le lira pendant les vacances… On frise le ridicule. Quoi ? Vous dîtes que FowNews pratique la désinformation ?
Une petite citation pour terminer :
« Toute censure est stupide par essence puisqu’elle qualifie, précise, décuple les élans de la révolution qui la fera sauter.«
Jean-Marie Poupart
La décision des sages de n’autoriser la suppression de l’accès Internet qu’avec l’aval d’un juge fait de l’accès à Internet, de facto, un droit. C’est ce que nous avons principalement retenu de la censure partielle infligée par le Conseil Constitutionnel à la loi « Création et Internet ».
Malgré cela, le gouvernement persiste et signe dans sa logique répressive. La volonté jusqu’au-boutiste du président Nicolas Sarkozy met à mal la présomption d’innocence, la proportionnalité des peines et plus globalement, le principe de séparation des pouvoirs. De tels risques sont intolérables pour et dans notre démocratie.
C’est une énième attaque contre Internet, les internautes, les libertés et la neutralité des réseaux que le Président de la République coordonne ; via des ministres souvent réduits au rôle de pantins ; la ministre de la Justice Michèle Alliot-Marie est en charge du dossier qu’aurait dû poursuivre un Frédéric Mitterrand, dont la nomination purement médiatique ne saurait faire oublier qu’il est à la tête d’un ministère qui n’est plus que l’ombre de lui-même.
L’Hadopi 2 marque l’arrivée d’une amende de 1500 euros infligée aux citoyens suspectés de téléchargement pour défaut de sécurisation. En cas de récidive, elle s’élèverait à 3000 euros.
Cette amende aussi élevée qu’inique, est la marque d’un gouvernement aveugle et déterminé à mettre les internautes à genoux pour installer les industriels de la culture et du divertissement sur un tas d’or, quand il n’y sont pas déjà !
La surveillance des communications électroniques et instantanées s’invite elle aussi à l’Hadopi 2 ; ici, c’est tout le principe de la correspondance privée et de la liberté de communication qui est violé pour tenter (en vain) de prévenir les échanges illégaux de fichiers. Le respect de la vie et de la sphère privées étant un de nos combats fondamentaux, nous nous battrons avec vigueur contre cette surveillance des citoyens français !
Le gouvernement instaure une justice expéditive ; c’est qu’il y a des quotas à respecter : 50 000 suppressions d’accès Internet chaque année. 26 magistrats agiront ainsi sur ordonnance pénale du gouvernement et devront statuer sur le cas des « pirates » avec comme unique support, un dossier fourni par la Haute Autorité… Séparation des pouvoirs ? Droits de la défense ? Ne les cherchez plus ! La présomption d’innocence, fondement de la justice française est remplacée par la présomption de culpabilité. Les preuves matérielles (erreur sur l’ip, piratage, etc) que devra fournir l’accusé sont techniquement et par nature impossibles à obtenir, et quand bien même elles seraient transmises au juge, cette défense serait illusoire. En effet, face à un système administratif de dénonciation et d’influence et à une justice soumise à l’objectif du traitement de 200 dossiers par jour, la logique du rendement risque de l’emporter.
Cette énième loi Hadopi voulue par le Président Nicolas Sarkozy et les industriels de la culture, s’inscrit dans la droite ligne du dessein présidentiel de contrôler les médias en général et Internet en particulier. Le Parti Pirate s’y oppose et dénonce le contenu de ce nouveau projet de loi, qui sert encore une fois quelques intérêts particuliers au détriment de l’intérêt général des citoyens.
Communiqué du Parti Pirate.
Crédit Photo : CC BY NC SA anw.fr
A 8 jours de sa présentation au Sénat, Un rapporteur du Conseil d’état révèle à La Tribune qu’ Hadopi deuxième du nom comporterait de nombreux points d’inconstitutionnalité comme le risque d’atteinte au principe de la séparation des pouvoirs, la proportionnalité des peines et le respect de la présomption d’innocence… L’Histoire et la débâcle de l’Hadopi 1 se répéterait elle ?
Je vous laisse deux articles trouvés sur la Quadrature du Net qui illustrent la stupidité de la loi Hadopi 2 et l’entêtement contre productif du président.
Crédit Photo : CC (BY NC SA) Richard Ying