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5 sept 2009

Denis Olivennes & Internet : « Une société qui crée des interdits est une société qui progresse »


Olivennes: Internet, « le tout-à-l’égout de la démocratie »
envoyé par Mediapart. – L’actualité du moment en vidéo.

« Heureusement y a internet qui a débridé les énergies “. Allez voir ce que c’est internet, allez regarder, si vous le faites, moi je le fais assez fréquemment, allez regarder les commentaires sur les … quand ce n’est … quand ce n’est pas contrôlé, quand ce n’est pas géré, quand la parole est libre. J’ai dit un jour, j’ai eu le malheur de dire que c’était le tout-à-l’égout de la démocratie, que là on voyait et lisait des choses épouvantables et évidemment depuis sur le net je me fais cartonner systématiquement parce que j’ai eu le malheur de dire que c’est une guerre de liberté et de dossiers individuels dans lesquels on peut raconter n’importe quoi, et ben franchement c’est pas acceptable et c’est pas aimable. Et je trouve que la société qui modère ça, qui tempère ça, qui créé des interdits est une société qui progresse. »

Je vous laisse faire votre propre opinion de ce discours de l’initiateur de la loi Création et Internet, le contenu parle de lui même, malheureusement.

Description :

Vidéo prise par Mediapart le vendredi 4 septembre aux Universités d’été du Medef, et insérée dans un article intitulé: Minc et Olivennes célèbrent la « pensée unique ». Voici le lien pour le retrouver: http://www.mediapart.fr/journal/france/040909/minc-et-olivennes-celebrent-la-%C2%ABpensee-unique%C2%BB

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5 septembre, 2009 at 15:52 by admin

Tags: denis, hadopi, interdits, internet, mediapart, oliviennes, régulation, web
Posted in Internet&co, News/Actualité, Politique, Vidéo, libertés | 10 Comments »

27 août 2009

De citoyen à internaute, des libertés oubliées

Avocat spé­cia­lisé dans le droit de l’Internet, C.M. s’inquiète de l’évolution du monde numé­rique au regard du res­pect de nos liber­tés. Symptomatique de ce dan­ger, la sub­sti­tu­tion du terme « citoyen » par « inter­naute » crée, selon lui, une citoyen­neté numé­rique de seconde zone. Et cer­taines garan­ties ou liber­tés ne pour­ront sur­vivre sans inter­ven­tion légis­la­tive, et sans la reprise en mains d’Internet, son auto-régulation, par les inter­nautes eux-même.

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Cette tri­bune, ini­tia­le­ment publié chez nos confrères de Ecrans.fr, est sous licence CC-BY-NC-ND

Une ministre est récem­ment inju­riée dans des com­men­taires pos­tés par des inter­nautes en réac­tion à une vidéo pos­tée sur le site de par­tage de DailyMotion. Elle sol­li­cite l’identification des inter­nautes concer­nés afin d’introduire une pro­cé­dure judi­ciaire à leur encontre. Sa réac­tion semble jus­ti­fiée, après tout elle ne fait qu’exercer le droit dont dis­pose tout citoyen d’obtenir répa­ra­tion d’une vio­la­tion des lois de la République. L’objet de cet article n’est pas de dis­cu­ter de la démul­ti­pli­ca­tion des pro­cé­dures enga­gées par des hommes ou femmes poli­tiques à l’encontre de citoyens mais de démon­trer que, si nous n’y pre­nons pas garde dès main­te­nant, l’évolution du monde numé­rique se fera au détri­ment de nos liber­tés les plus fondamentales.

Une des ques­tions essen­tielles pour la com­pré­hen­sion de la révo­lu­tion sociale ini­tiée par Internet est celle de la sub­sti­tu­tion ou de la com­plé­men­ta­rité des acti­vi­tés réelles et numé­riques. Il est ardu de com­pa­rer le monde numé­rique et le monde réel tant les réfé­ren­tiels sont dif­fé­rents. On pourra citer quelques exemples d’activités sub­sti­tuées ou com­plé­men­taires. Le déve­lop­pe­ment des pho­to­gra­phies sur Internet s’est sub­sti­tué aux offi­cines de pho­to­gra­phies, et les cartes mémoire ont rem­placé les films argen­tiques. D’autres acti­vi­tés sont dis­po­nibles sur Internet et dans le monde réel (l’utilisation du cour­riel n’est pas, par exemple, à ce jour exclu­sive de celle de la Poste, notam­ment pour l’envoi de docu­ments ori­gi­naux ou spé­ci­fiques) ou
sont, au contraire, tota­le­ment into­lé­rantes à Internet (par exemple, man­ger, même si l’achat des pro­vi­sions peut désor­mais se faire sur les sites de super­mar­chés en ligne). A ce stade, il est impor­tant de se rap­pe­ler que de plus en plus d’activités se déma­té­ria­lisent au fur et à mesure de l’évolution expo­nen­tielle du monde numérique.

Une fois cette ana­lyse effec­tuée pour une acti­vité don­née, il est pos­sible d’identifier les dif­fé­rences de trai­te­ment par la loi afin de déter­mi­ner l’évolution de nos liber­tés fon­da­men­tales lors du pas­sage au numé­rique. Pour reprendre le cas pré­cité, les mes­sages pos­tés par les inter­nautes ne consti­tuent rien d’autre qu’une dis­cus­sion poli­tique cou­rante entre citoyens, telles que celles que connaissent tous les matins des mil­liers de bis­trots en France. Personne ne niera ni n’attaquera cette tra­di­tion française citoyenne, cet espace de liberté où cer­tains abus regret­tables peuvent avoir lieu mais ces abus cèdent le pas à l’utilité publique, sociale et poli­tique de ces ren­contres et dis­cus­sions. Il est fort à parier que les com­men­taires pos­tés sur le site DailyMotion ne sont pas plus exces­sifs que cer­taines dis­cus­sions mati­nales dans un bis­trot. Pourtant même une femme poli­tique pro­cé­du­rière n’aurait ni l’idée ni les moyens de faire sanc­tion­ner les excès de ces discussions.


« La sub­sti­tu­tion du terme « citoyen » par « inter­naute » est symp­to­ma­tique et dangereuse »


On pourra arguer que l’impossibilité phy­sique et maté­rielle pour la ministre de pour­suivre l’ensemble des pro­pos inju­rieux ne les jus­ti­fie pas pour autant, et ne lui inter­dit pas d’exercer ses droits de citoyenne à l’encontre d’internautes. Cependant, il s’agit bien là d’une rup­ture d’égalité. A ce sujet, et c’est bien là un exemple de la défor­ma­tion d’un signi­fié par l’utilisation d’un nou­veau signi­fiant, la sub­sti­tu­tion du terme
« citoyen » par « inter­naute » est symp­to­ma­tique et dan­ge­reuse, créant ainsi une citoyen­neté numé­rique de seconde zone, sauf à adop­ter une décla­ra­tion uni­ver­selle du droit des inter­nautes. On est plus prompt à condam­ner un « inter­naute » ou, pire, un « pirate » qu’un citoyen. Il est essen­tiel de rele­ver que la rup­ture d’égalité pré­ci­tée est para­doxa­le­ment ren­due pos­sible sous l’égide d’une loi très pro­tec­trice des liber­tés pro­mul­guée il y a cela près de 130 ans, la loi sur la liberté de la presse du 29 juillet 1881. Nous ne sommes même pas dans le cas d’une loi, comme par exemple la loi Création et Internet, votée expres­sé­ment pour sup­pri­mer, sur Internet, des liber­tés qui avaient jusque-là sur­vécu au pas­sage au numérique.

Pour l’instant, le débat public ou, plus lar­ge­ment, les dis­cus­sions entre citoyens sont des acti­vi­tés pour lesquelles Internet est un sup­port com­plé­men­taire et addi­tion­nel. Cela sera de moins en moins le cas et la rup­ture d’égalité pour les dis­cus­sions tenues dans le monde réel et dans le monde numé­rique va len­te­ment, mais sans doute aucun, se muer en une sup­pres­sion de facto de cette liberté.

Le constat est sans appel : sans aucune inter­ven­tion légis­la­tive, du simple fait du chan­ge­ment de para­digme créé par Internet, cer­taines garan­ties ou liber­tés vont dis­pa­raître. D’autres, au contraire, vont naître. Ce qui fait dire d’Internet qu’il est tant un « espace de liberté » qu’un « vide juri­dique ». S’il est vrai, et fort heu­reu­se­ment, que l’avènement d’Internet peut avoir des aspects béné­fiques sur nos liber­tés, il serait faux de croire qu’il s’agit de nou­velles liber­tés. Ce n’est, au contraire, que des nou­velles manières d’exercer nos droits et liber­tés de citoyens. C’est en ce sens que l’utilisation du terme « vide juri­dique » est mali­cieux, tout comme celle du terme « inter­naute », car cela sug­gère qu’une légis­la­tion, sou­vent répres­sive, est nécessaire.

De sur­croît, la « mémoire » d’Internet et des sys­tèmes de trai­te­ment infor­ma­ti­sés est un défi immense alors que de plus en plus de nos acti­vi­tés quo­ti­diennes se déma­té­ria­lisent, néces­si­tant de nou­velles garan­ties légales ou consti­tu­tion­nelles ou, à tout le moins, la réelle appli­ca­tion de la légis­la­tion exis­tante. L’exemple le plus fla­grant est bien évidem­ment le sui­cide col­lec­tif (orga­nisé par des socié­tés pri­vés) de nos don­nées per­son­nelles, et donc de notre vie pri­vée, alors que la Commission Nationale de l’Informatique et des Libertés ne dis­pose que d’un bud­get ridi­cule en com­pa­rai­son au carac­tère fon­da­men­tal de sa mission.


« La loi Création et Internet est la pre­mière loi réel­le­ment liberticide »


Par ailleurs, de plus en plus de lois ou pro­po­si­tions de lois tentent de régu­ler ce « vide juri­dique » qu’est Internet (et non de res­treindre nos liber­tés). La loi Création et Internet marque d’une pierre blanche l’histoire légis­la­tive de l’internet par son extré­misme et son incom­pré­hen­sion quasi-idéologique des réseaux. Il ne s’agit même pas ici de l’inutilité de cette loi par rap­port à son objec­tif affi­ché ni des condi­tions de cor­rup­tion dans lesquelles elle a été élabo­rée et, dans une cer­taine mesure, votée ; ces seuls points néces­si­te­raient des déve­lop­pe­ments élabo­rés. Cette loi, fai­sant fi de tout bon sens et de la réa­lité des réseaux, est la pre­mière loi réel­le­ment liber­ti­cide en sup­pri­mant des liber­tés dont nous jouis­sons dans le monde réel. Prenons l’hypothèse impen­sable d’une loi impo­sant non pas l’installation de radars auto­ma­tiques sur les routes, mais l’installation dans chaque voi­ture d’un mou­chard en com­mu­ni­ca­tion constante avec une société pri­vée et dont l’objet serait de signa­ler tout excès de vitesse aux fins de ver­ba­li­sa­tion. C’est ce que la loi Création et
Internet fait avec Internet. Bien évide­ment, il ne s’agit là que d’une pre­mière étape, le mou­chard pou­vant être amé­lioré afin de dif­fu­ser par exemple des mes­sages de pré­ven­tion sur la sécu­rité rou­tière. Voire de traquer vos allées et venues (un motif légi­time pourra être trouvé, comme par exemple le contrôle du nombre de kilo­mètres afin de véri­fier que les déduc­tions fis­cales kilo­mé­triques sont véri­diques). Mais cela a peu d’importance, cette loi ne visant que les pirates et non les citoyens.

Nos liber­tés de citoyens subissent donc une triple attaque. Certaines sont mises en dan­ger lors du pas­sage au numé­rique, par la seule appli­ca­tion de la loi actuelle. D’autres sont mena­cées par les nou­velles pos­si­bi­li­tés tech­no­lo­giques à dis­po­si­tion de socié­tés pri­vées ou de l’État, sans qu’aucune loi pro­tec­trice ne soit adop­tée ou la légis­la­tion exis­tante appliquée. Enfin, des ini­tia­tives légis­la­tives ont pour objet ou
conséquence néces­saire la sup­pres­sion de liber­tés fondamentales.

La clé de la pro­tec­tion — ou de l’atteinte, c’est selon — de nos liber­tés est donc la loi. Malheureusement, au lieu de voter des lois pro­tec­trices indis­pen­sables, le mou­ve­ment légis­la­tif est plu­tôt de voter des lois répres­sives de nos liber­tés. Ce n’est pas un pro­blème lié à une mou­vance poli­tique, même si une mino­rité de nos dépu­tés ont conscience de ces risques, mais struc­tu­rel, dans la mesure où Internet s’est créé, à la dif­fé­rence du mini­tel, hors de tout contrôle des hommes et femmes poli­tiques qui en perdent leurs repères. Alors que jusqu’alors que les articles et com­men­taires les concer­nant étaient l’œuvre quasi-exclusive de jour­na­listes du sérail, la démo­cra­ti­sa­tion des blogs citoyens ou de Wikipédia les effrayent car ils en ont perdu le contrôle. C’est ce contrôle perdu qu’ils essaient de retrou­ver par des moyens légis­la­tifs plus ou moins légitimes.

Nul doute que cette volonté de pou­voir et de main­tien de modèles usés est illé­gi­time. Elle l’a toujours été. Mais avant l’avènement d’Internet cette emprise était dis­crète ou limi­tée. Internet per­met de la rendre publique, mais aussi offre de nou­velles pos­si­bi­li­tés de contrôle dont la ten­dance légis­la­tive actuelle tente de nous dessaisir.

S’ajoutent à cet aveu­gle­ment égoïste de la majo­rité de la classe poli­tique les attaques por­tées à nos liber­tés par les socié­tés pri­vées, sou­vent mul­ti­na­tio­nales. Le pro­blème est double : le classe poli­tique peut ne pas entendre l’urgence d’agir (son atten­tion étant plu­tôt por­tée sur le main­tien de leur contrôle) ou, de bonne foi, peut être sans pou­voir, par exemple concer­nant les socié­tés situés hors de leur ter­ri­toire. En outre, ces socié­tés, dont le seul inté­rêt est celui de leurs action­naires, ont un pou­voir de lob­bying écra­sant et les rela­tions entre leurs diri­geants et le monde poli­tique créé une situa­tion de cor­rup­tion struc­tu­relle constante. Plus encore, la perte de pou­voir du monde poli­tique sur ces socié­tés est régu­lière. Sauf à ins­tau­rer une gou­ver­nance mon­diale — à tout le moins sur cer­tains aspects, comme ce qu’il est tenté de faire en réponse à la crise finan­cière actuelle  — , cette ten­dance va continuer.

Il serait vain d’espérer une prise de conscience de la classe poli­tique, encore moins des socié­tés pri­vées, tant que les inter­nautes ne se trans­for­me­ront pas en citoyens res­pon­sables. Une pre­mière mesure simple serait d’effectuer des arbi­trages per­son­nels sur notre façon d’utiliser les ser­vices numé­riques à notre dis­po­si­tion. Cette auto-censure revient à ne pas sacri­fier notre liberté et notre vie pri­vée sur l’autel de la faci­lité ou de l’utilité, réelle ou perçue, de ces ser­vices. En rai­son de l’enjeu — nos liber­tés — cette ana­lyse doit se faire avec à l’esprit la pire des évolu­tions que pour­rait prendre le réseau, tant il est cer­tain que toute don­née mise sur le réseau quitte défi­ni­ti­ve­ment notre sphère. Et que toute liberté per­due l’est pro­ba­ble­ment à tout jamais, jusqu’à la pro­chaine révo­lu­tion. Cette irré­ver­si­bi­lité est dif­fi­cile à appré­hen­der, sur­tout pour les plus jeunes et l’équilibre à trou­ver ténu sauf à être exces­sif et deve­nir un moine du numérique.


« Il faut nous éduquer nous-mêmes »


Cet enjeu a été, depuis long­temps, par­fai­te­ment assi­milé par le mou­ve­ment du logi­ciel libre : les réseaux et appa­reils élec­tro­niques (lesquels seront tous à terme connec­tés aux réseaux) doivent être ouverts et libres car c’est la seule façon d’en assu­rer le contrôle par les citoyens. Cette liberté doit s’exercer par un contrôle pos­sible de l’architecture même des réseaux et un contrôle effec­tif, par chaque citoyen, de ses appa­reils élec­tro­niques. En par­ti­cu­lier de ses ordi­na­teurs et appa­reils de connexion aux réseaux. Par ailleurs ce n’est qu’à cette condi­tion préa­lable que nous pour­rons voir fleu­rir une véri­table culture libre. Laquelle, en pros­pé­rant, repren­dra le contrôle de la culture à ce jour encore entre les mains de quelques socié­tés mul­ti­na­tio­nales, tout en per­met­tant d’assurer une rému­né­ra­tion supé­rieure aux créa­teurs, et de péren­ni­ser les inter­mé­diaires à valeur ajou­tée qui sau­ront se rému­né­rer à un juste prix.

Tout citoyen doit ainsi s’imposer cette auto-régulation au moins aussi long­temps que la classe poli­tique ne défen­dra pas une légis­la­tion res­pec­tueuse des citoyens qui se devra de garan­tir a minima autant de garan­ties dans le monde numé­rique que celles dont nous béné­fi­cions dans le monde réel. Heureusement, la révo­lu­tion numé­rique a donné aux citoyens des moyens simples et effi­caces de par­ti­ci­per au débat public, même en pleine cam­pagne ou au fond d’un garage. Il faut donc nous éduquer nous-mêmes, éduquer les repré­sen­tants du peuple et lut­ter contre la cor­rup­tion struc­tu­relle qui accom­pagne, dans tous les États du monde, le pou­voir. Car Internet ôte aux citoyens leurs der­nières excuses : celles consis­tant à dire « je ne savais pas » ou « je ne peux rien faire ».

Enfin, dans les cas les plus extrêmes, la résis­tance, ou déso­béis­sance c’est selon, civile s’imposera d’elle-même. La loi Création et Internet nous offrira l’occasion d’un pre­mier acte en refu­sant d’installer, sur ses appa­reils élec­tro­niques per­son­nels, un logi­ciel mou­chard non libre et non inter­opé­rable et, qui plus est, payant, qui com­mu­niquera constam­ment avec une société pri­vée. Une loi impo­sant cette ins­tal­la­tion préa­lable comme seul moyen de défense dans une pro­cé­dure de nature pénale ne peut être, quoi qu’en en dise, que liber­ti­cide. Et il fau­dra faire connaître notre refus au gouvernement.

Cela serait gra­ve­ment se méprendre sur ce qui pré­cède que de croire que l’auteur sou­haite un Internet liber­taire ou anar­chique, où la dif­fa­ma­tion, l’injure et la contre­façon seraient tolé­rées. Mais c’est bien la faute du légis­la­teur s’il n’a pas su faire pro­mul­guer des lois qui lut­taient effi­ca­ce­ment ou intel­li­gem­ment contre ces excès. Que dire par exemple d’une loi, par ailleurs pro­tec­trice, comme la LCEN (Loi pour la confiance dans l’économie numé­rique) qui accroît le régime de
res­pon­sa­bi­lité d’un titu­laire d’un site ou d’un blog qui choi­si­rait de modé­rer a priori les com­men­taires qui y seront pos­tés. Pourquoi n’existe-t-il aucune loi pro­té­geant les par­ti­cu­liers qui éditent béné­vo­le­ment sur des sites col­la­bo­ra­tifs comme Wikipédia des conte­nus pos­tés par d’autres uti­li­sa­teurs afin, notam­ment, de sup­pri­mer des pro­pos inju­rieux ou dif­fa­ma­toires ? Quant aux droits d’auteurs et droits voi­sins, que pen­ser par ailleurs d’un mou­ve­ment légis­la­tif qui n’a pas réussi à enri­chir les créa­teurs, qui contri­bue au main­tien d’intermédiaires condam­nés à évoluer ou dis­pa­raître, et qui porte atteinte aux liber­tés des citoyens.


« Les socié­tés, fic­tions juri­diques, n’existent que parce que la loi le permet. »


La solu­tion repose bien dans des lois et textes supra­na­tio­naux res­pec­tueux des liber­tés et équi­li­brant les inté­rêts indi­vi­duels afin d’assurer l’intérêt géné­ral. Cela néces­site un bou­le­ver­se­ment des équi­libres écono­miques et finan­ciers de la société actuelle, d’autant plus dif­fi­cile à atteindre que les inté­rêts exis­tants usent de tout leur pou­voir, avec un suc­cès cer­tains jusqu’ici, afin d’éviter ce chan­ge­ment de para­digme légis­la­tif. Mais refu­ser que la loi s’adapte à la société, c’est oublier que le pou­voir nait de l’homme, du citoyen, du peuple et lui appar­tien­dra toujours alors que les hommes et femmes poli­tiques ne seront jamais que nos repré­sen­tants — ce qu’ils ont sou­vent ten­dance à oublier — et que les socié­tés, fic­tions juri­diques, n’existent que parce que la loi, expres­sion de la volonté du peuple dans une véri­table République, le permet.

Certains pour­ront pen­ser que ces attaques sur nos liber­tés sont très vir­tuelles, tant il est vrai que nous ne sommes qu’à l’aube des véri­tables pro­blèmes. La crise finan­cière, poli­tique, écono­mique et sociale qui nous frappe de plein fouet, rui­nant la vie de mil­lions de per­sonnes, devrait res­ter notre prio­rité, tant il faut parer au plus urgent. Cet argu­ment est cepen­dant spé­cieux pour plu­sieurs rai­sons. D’une part, ces pré­oc­cu­pa­tions et enga­ge­ments ne sont pas exclu­sifs l’un de l’autre. D’autre part, de nom­breuses liber­tés mises à mal dans notre vie numé­rique sont ou seront indis­pen­sables pour mettre en œuvre les véri­tables solu­tions à cette crise. Enfin et sur­tout, nous avons là l’occasion d’éviter de nous retrou­ver dans une situa­tion où notre seul pou­voir sera de « parer au plus urgent ».

Reprenons le contrôle, n’oublions jamais l’origine du pou­voir, construi­sons une société intel­li­gente, ouverte, et res­pec­tueuse. Faisons-le avant que notre seule alter­na­tive soit la ser­vi­tude volon­taire ou la révo­lu­tion. Inventons des lois intel­li­gentes, pre­nons en compte les nou­veaux para­digmes, afin, qu’à nou­veau, la loi libère.

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27 août, 2009 at 18:04 by admin

Tags: citoyen, ecrans, hadop, internet, libertés
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17 août 2009

La Boétie – Discours de la servitude volontaire

Pauvres gens misérables, peuples insensés, nations opiniâtres à votre mal et aveugles à votre bien ! Vous vous laissez enlever sous vos yeux le plus beau et le plus clair de votre revenu, vous laissez piller vos champs, voler et dépouiller vos maisons des vieux meubles de vos ancêtres ! Vous vivez de telle sorte que rien n’est plus à vous. Il semble que vous regarderiez désormais comme un grand bonheur qu’on vous laissât seulement la moitié de vos biens, de vos familles, de vos vies. Et tous ces dégâts, ces malheurs, cette ruine, ne vous viennent pas des ennemis, mais certes bien de l’ennemi, de celui-là même que vous avez fait ce qu’il est, de celui pour qui vous allez si courageusement à la guerre, et pour la grandeur duquel vous ne refusez pas de vous offrir vous-mêmes à la mort. Ce maître n’a pourtant que deux yeux, deux mains, un corps, et rien de plus que n’a le dernier des habitants du nombre infini de nos villes. Ce qu’il a de plus, ce sont les moyens que vous lui fournissez pour vous détruire. D’où tire-t-il tous ces yeux qui vous épient, si ce n’est de vous ? Comment a-t-il tant de mains pour vous frapper, s’il ne vous les emprunte ? Les pieds dont il foule vos cités ne sont-ils pas aussi les vôtres ? A-t-il pouvoir sur vous, qui ne soit de vous-mêmes ? Comment oserait-il vous assaillir, s’il n’était d’intelligence avec vous ? Quel mal pourrait-il vous faire, si vous n’étiez les receleurs du larron qui vous pille, les complices du meurtrier qui vous tue et les traîtres de vous-mêmes ? Vous semez vos champs pour qu’il les dévaste, vous meublez et remplissez vos maisons pour fournir ses pilleries, vous élevez vos filles afin qu’il puisse assouvir sa luxure, vous nourrissez vos enfants pour qu’il en fasse des soldats dans le meilleur des cas, pour qu’il les mène à la guerre, à la boucherie, qu’il les rende ministres de ses convoitises et exécuteurs de ses vengeances. Vous vous usez à la peine afin qu’il puisse se mignarder dans ses délices et se vautrer dans ses sales plaisirs. Vous vous affaiblissez afin qu’il soit plus fort, et qu’il vous tienne plus rudement la bride plus courte. Et de tant d’indignités que les bêtes elles-mêmes ne supporteraient pas si elles les sentaient, vous pourriez vous délivrer si vous essayiez, même pas de vous délivrer, seulement de le vouloir.

Extrait du Discours de la servitude volontaire.

Livre disponible en intégralité en version HTML et en PDF. Texte publié en 1549 mais ô combien actuel dans sa vision du pouvoir politique ! Quant à moi je ne sais pas quand je reviendrai pour blogguer « régulièrement », je n’ai pas le temps en ce moment (Job d’été et rentrée en vue …). Bref, j’espère dans pas longtemps ! Vous pouvez toujours me suivre sur Twitter, où je suis un poil plus actif…

Crédit Photo : CC BY Vincepal

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17 août, 2009 at 18:52 by admin

Tags: Discours de la servitude volontaire, essaie, la boétie, libertés, Philosophie, Politique
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27 juil 2009

La Déclaration Universelle des Droits de l’Homme en motion graphics


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Une vidéo bien réalisée nous montrant « La Déclaration Universelle des Droits de l’Homme » en motion graphics. La vidéo n’était disponible qu’en anglais et espagnol sur Vimeo, je me suis donc pressé d’y ajouter la version française ;-). On peut saluer le travail des artistes qui ont réussi à mettre au goût du jour ce texte fondateur des démocraties occidentales, un texte qui reste malheureusement toujours d’actualité même en France…

Version française de la vidéo « The Universal Declaration of Human Rights » vimeo.com/1823335

Created by Seth Brau
Produced by Amy Poncher
Music by Rumspringa courtesy Cantora Records

humanrightsactioncenter.org/

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27 juillet, 2009 at 12:45 by admin

Tags: animation, Déclaration Universelle des Droits de l'Homme, french, human rights, motion graphics, seth brau, universal declaration
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21 juil 2009

Quand Amazon efface des oeuvres de George Orwell…

Amazon, géant de la vente de biens culturels en général et de livres en particulier vient de commettre une bourde monumentale. Vous connaissez sans doute le principe des livres numérisés achetables en ligne et consultables sur Kinble (livres électroniques), un principe plein d’avenir destiné à supplanter les livres sur le long terme. Cela paraissait être une alternative écolo, peu encombrante et sympa… Je dis bien paraissait.

Amazon a vendu ainsi des milliers de livres numérisés aux USA et un peu partout dans le monde, des milliers de Kindle remplis d’œuvres littéraires et autre documents aussi divers que variés fleurissaient dans les foyers. Mais il y a quelques jours le site a soudainement effacé un nombre conséquent d’œuvres sur les lecteurs numériques des acheteurs ! Une société tierce, MobileReference, aurait posté les œuvres sans autorisation des ayants-droits sur la plateforme de téléchargement d’Amazon. Problème de droits d’auteur oblige, Amazon a décidé d’agirde manière très pragmatique à la question : supprimer les livres concernés des serveurs privant ainsi les acheteurs de leur bien acheté « légalement » via le site. Les acheteurs ont été remboursés bien entendu, mais là n’est pas tellement le point le plus important…

Parmi les livres supprimés on peut nommer la série Twilight de Stephenie Meyer, Harry Potter de J.K. Rowling et surtout deux livres de l’auteur anglais George Orwell : 1984 et la Ferme des animaux… Parce que oui, l’histoire racontée par ces deux livres et ce qui vient de leur arriver sur Amazon peuvent être mis en parallèle. Dans 1984, le monde vie en totale dictature, les faits et gestes des hommes sont surveillés, leurs esprits éduqués, leurs âmes annihilés. La censure gouvernementale efface toutes traces d’articles gênants pour le régime en les expédiant dans des fentes murales menant à des fournaises, appelées « trou de mémoire« . Les articles et livres contredisant les faits et dires de Big Brother sont quant à eux soit détruits ou modifiés. Le rapprochement avec l’épisode des Kindle est assez évident à faire, aujourd’hui le savoir et la connaissance sont de plus en plus digitalisées d’une part et leur diffusion est de plus en plus limitée à cause du droit d’auteur et du droit à le propriété intellectuelle. A digitaliser les œuvres on perd l’assurance de vraiment posséder cette œuvre et surtout de partager celle ci sans contrainte (prêter un livre n’est pas du piratage ?), une bibliothèque numérique peut à n’importe quel moment disparaître, à l’heure où Hadopi fait sur retour à l’assemblée nationale, inutile pour moi de développer. Les droits d’auteurs et leur abus mettent en place une véritable tyrannie du savoir où ce dernier peut être interdit à certains à cause de son statut de diffusion. Un monde où la Culture et la connaissance pourront être totalement soumises aux éditeurs et auteurs, un monde où pourtant tous les outils sont réunis pour diffuser et partager la Culture et le Savoir au monde entier…

Pour finir je vous laisse un commentaire d’un (ex ?) utilisateur d’Amazon :

« La chose la plus terrifiante est qu’Amazon a la possibilité d’effacer ma propriété privée – un livre que je pensais avoir acheté, pas une licence – sur un lecteur que je pensais posséder, et pas louer. Il semble que la seule chose que nous pouvons faire pour prévenir de tels comportements orwelliens est d’acheter un livre papier. Au moins, un mandat de perquisition serait requis. »

Jerry L. Roger

Autant se dire les livres physiques (format papier) on encore un bel avenir avenir devant eux, aucun risque se faire choper pour partage de livres, aucun risque de le voir supprimer par l’éditeur (à moins qu’on vienne chez vous le brûler…).

Crédit Photo : CC BY bennylin0724

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21 juillet, 2009 at 22:40 by admin

Tags: 1984, amazon, droits d'auteur, george orwell, internet, kindle, livre, propriété intellectuelle
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17 juil 2009

Hadopi 2, c’est pour quand ?

Alors que des voix se lèvent à l’UMP pour dénoncer un texte dont tout le monde a conscience « qu’il est mort et qu’il faut en sortir » on assiste à une scène pour le moins comique : Jean François Copé, petit chef du groupe UMP à l’Assemblée Nationale, s’inquiète d’une possible « obstruction«  des socialistes qui empêcherait le texte d’être voté en cette belle période estivale qu’est juillet.

Vouloir faire passer cette loi en juillet, en plein pendant les vacances d’été, n’a selon moi que deux buts. Il s’agit tout d’abord d’empêcher l’opinion publique, déjà peu informée sur Hadopi, de trop entendre parler de ce projet de loi qui se met à dos les internautes, les parlementaires de tout bord, les artistes et même la Constitution. Ensuite il s’agit d’amortir le choc pour le gouvernement si ce texte venait à être rejeté par l’AN ou censuré par le Conseil Constitutionnel, comme le fut Hadopi 1. C’est dans cette optique que s’inscrit la démarche gouvernementale, toujours selon moi, une logique qui se confirmerait avec les dires de Copé :

« Je m’inquiéterais de voir les socialistes repartir sur des tentations d’obstruction sur un texte comme celui-là. C’est la dernière ligne droite, les artistes, auteurs, compositeurs et interprètes, tout le monde de la création française est mobilisé pour que ce texte soit enfin l’élément régulateur qui puisse lutter contre le téléchargement illégal. Je souhaite de tout coeur que les socialistes n’engagent pas une bataille de procédure avec pour objectif de bloquer l’adoption de ce texte »

C’est beau, c’est grandiose en fait. Les méchants socialistes se placeraient donc du côté de ceux n’aimant pas la création si il venaient à mettre des bâtons dans les roues de l’Hadopi 2. Des parlementaires irresponsables qui n’ont pas compris l’importance nationale d’un texte censuré par le CC (Conseil Constitutionnel) et qui pourrait bien être censuré une fois de plus par le CC et le Conseil d’état ! Déjà pour Jean François Copé les députés UMP n’avaient pas le droit de ne pas voté pour Hadopi 1, voilà que maintenant c’est tous les parlementaires qui agiraient en irresponsables si Hadopi 2 ne passait pas comme prévu cet été. Un texte qui doit rester conforme à la version adopté par le Sénat, parce que oui un passage par la Commission mixte paritaire ça prend du temps. Vive l’intégrité.

Du côté de l’opposition on a bien l’intention de tirer un maximum dans les pattes de la loi, déjà les socialistes ont coupé court à la rumeur selon laquelle ils ne saisiraient pas la CC en confirmant leur intention de faire passer la loi par le CC et le Conseil d’état si cette dernière était adoptée à l’AN. Du côté des députés on se veut joueurs : Christian Paul (PS) voit bien dans bien là une « occasion de montrer qui défend réellement la création et qui fait illusion.«  Jean-Marc Ayrault a quant à lui réussi à négocier une rencontre du groupe socialiste avec le ministre de la culture, Frédéric Mitterrand,  lundi après-midi. Soit la veille du lancement des débats à l’Assemblée nationale. Le meilleur pour la fin : le porte parole du parti Socialiste, Benoit Hamon, a répondu à Copé en un seul tweet clair et incisif (qui est d’ailleurs devenu mon premier tweet favori pour la petite histoire =) :

tweet benoit hamon

Bref, voilà qui nous donne le temps de respirer et d’envisager les futurs débats avec des internautes et des députés gonflés à bloc en cette rentrée parlementaire 2009. Espérons que ce soit le cas.

Crédit Photo : CC BY-NC-SA Richard Ying

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17 juillet, 2009 at 1:17 by admin

Tags: an, benoit hamon, christian paul, copé, hadopi, hadopi 2, Politique, sénat
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9 juil 2009

The Google Master Plan

Google a aujourd’hui le quasi monopole de l’Internet : les recherches, l’information, la pub, les e-mails… Mais ce que peu de gens savent c’est que derrière ces allures de gratuité Google conserve des données personnelles sur chacun d’entre nous et peu sans sourciller les donner à des organismes comme la CIA. Cela peu paraître assez mirobolant mais le géant du net grappille chaque jour un peu plus de terrain dans le contrôle du Web. Dernier évènement en date ? L’annonce de la sortie du système d’exploitation Google : Chrome OS.

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9 juillet, 2009 at 15:35 by admin

Tags: cia, controle, google, internet, libertés, master plan
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4 juil 2009

FoxNews utilise « l’Insurrection qui vient » pour faire peur à la population américaine

Je suis tombé sur une vidéo assez étonnante sur le site du Libé‘. Un journaliste américain de la chaîne FoxNews nous fait une critique littéraire sans même avoir lu un livre. Bon déjà c’est pas très malin de sa part je vous l’accorde mais ça l’est encore moins quand son intervention tourne au blâme public, je dirais même à acharnement stupide contre un livre de seulement 125 pages ! Ce livre, c’est « L’insurrection qui vient« , un livre dénonçant les dérives du système capitaliste, un pouvoir de plus en plus arbitraire et plus globalement le modèle sociétal actuel. Un livre qui propose aussi un nouveau modèle d’organisation autonome dans des lieux autogérés, je ne fais pas vous faire le résumé du livre, il est disponible légalement et gratuitement ici (moi j’ai opté pour la version papier).

L’impact de ce livre est indéniable en France : des milliers d’exemplaires vendus, un ministre de l’intérieur n’en dormant plus, des fieffés sécuritaires qui en profitent… Si bien que la version anglaise sera bientôt disponible aux États unis début août ! Mais le côté conservateur du pays n’a visiblement pas envie que ce livre devienne un « best-seller » et s’est donc lancer dans une croisade de communication contre celui ci. C’est via FoxNews que l’appel a été lancé, via un journaliste éclairé, via toute une mise en scène flippante et démagogue. Parce que oui, selon le bonhomme ce livre prône la lutte armée, le terrorisme, la violence, la débauche… La vision manichéenne qu’il adopte en comparant ce livre diabolique avec son propre livre (qui lui est forcément bon) est assez pitoyable dans la mesure où il essaye d’enfermer ses spectateurs dans un mode de pensée prédéfini.

La volonté de faire peur à la population américaine est elle aussi incroyable : on agrémente les propos du journaliste avec des vidéos d’émeutes du monde entier. On cite des passages du livre en insistant bien sur le fait que les violence ont débuté en France avant de s’étendre en Grèce et que maintenant l’Amérique serait elle même menacée ! On personnalise aussi le danger avec Julien Coupat (auteur présumé du bouquin) histoire de le rendre plus présent et plus crédible aux yeux de l’américain moyen. Un ennemi qui ose même se rendre avec sa femme à New York en passant via le Canada ! Rendez vous compte ! Il vient dans cette ville ultra symbolique via une frontière non sécurisée !

Le meilleur est pour la fin : Après avoir passé 10 minutes à dénigrer un livre de 125 pages, le journaliste annonce qu’il le lira pendant les vacances… On frise le ridicule. Quoi ? Vous dîtes que FowNews pratique la désinformation ?

Une petite citation pour terminer :

« Toute censure est stupide par essence puisqu’elle qualifie, précise, décuple les élans de la révolution qui la fera sauter.« 

Jean-Marie Poupart

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4 juillet, 2009 at 3:13 by admin

Tags: coming insurrection, critique, foxnews, insurrection qui vient, julien coupat, Politique
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3 juil 2009

Parti Pirate : Hadopi 2, ou l’entêtement répressif du gouvernement

La décision des sages de n’autoriser la suppression de l’accès Internet qu’avec l’aval d’un juge fait de l’accès à Internet, de facto, un droit. C’est ce que nous avons principalement retenu de la censure partielle infligée par le Conseil Constitutionnel à la loi « Création et Internet ».

Malgré cela, le gouvernement persiste et signe dans sa logique répressive. La volonté jusqu’au-boutiste du président Nicolas Sarkozy met à mal la présomption d’innocence, la proportionnalité des peines et plus globalement, le principe de séparation des pouvoirs. De tels risques sont intolérables pour et dans notre démocratie.

C’est une énième attaque contre Internet, les internautes, les libertés et la neutralité des réseaux que le Président de la République coordonne ; via des ministres souvent réduits au rôle de pantins ; la ministre de la Justice Michèle Alliot-Marie est en charge du dossier qu’aurait dû poursuivre un Frédéric Mitterrand, dont la nomination purement médiatique ne saurait faire oublier qu’il est à la tête d’un ministère qui n’est plus que l’ombre de lui-même.

L’Hadopi 2 marque l’arrivée d’une amende de 1500 euros infligée aux citoyens suspectés de téléchargement pour défaut de sécurisation. En cas de récidive, elle s’élèverait à 3000 euros.
Cette amende aussi élevée qu’inique, est la marque d’un gouvernement aveugle et déterminé à mettre les internautes à genoux  pour installer les industriels de la culture et du divertissement sur un tas d’or, quand il n’y sont pas déjà !

La surveillance des communications électroniques et instantanées s’invite elle aussi à l’Hadopi 2 ; ici, c’est tout le principe de la correspondance privée et de la liberté de communication qui est violé pour tenter (en vain) de prévenir les échanges illégaux de fichiers. Le respect de la vie et de la sphère privées étant un de nos combats fondamentaux, nous nous battrons avec vigueur contre cette surveillance des citoyens français !

Le gouvernement instaure une justice expéditive ; c’est qu’il y a des quotas à respecter : 50 000 suppressions d’accès Internet chaque année. 26 magistrats agiront ainsi sur ordonnance pénale du gouvernement et devront statuer sur le cas des « pirates » avec comme unique support, un dossier fourni par la Haute Autorité…  Séparation des pouvoirs ? Droits de la défense ? Ne les cherchez plus ! La présomption d’innocence, fondement de la justice française est remplacée par la présomption de culpabilité. Les preuves matérielles (erreur sur l’ip, piratage, etc) que devra fournir l’accusé sont techniquement et par nature impossibles à obtenir, et quand bien même elles seraient transmises au juge, cette défense serait illusoire. En effet, face à un système administratif de dénonciation et d’influence et à une justice soumise à l’objectif du traitement de 200 dossiers par jour, la logique du rendement risque de l’emporter.

Cette énième loi Hadopi voulue par le Président Nicolas Sarkozy et les industriels de la culture, s’inscrit dans la droite ligne du dessein présidentiel de contrôler les médias en général et Internet en particulier. Le Parti Pirate s’y oppose et dénonce le contenu de ce nouveau projet de loi, qui sert encore une fois quelques intérêts particuliers au détriment de l’intérêt général des citoyens.

Communiqué du Parti Pirate.

Crédit Photo : CC BY NC SA anw.fr

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3 juillet, 2009 at 18:00 by admin

Tags: amende, hadopi, hadopi 2, mam, mitterand, parti pirate, Politique, pp, sarkozy
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30 juin 2009

Hadopi #2 présenterait de nombreux points d’inconstitutionnalité

A 8 jours de sa présentation au Sénat, Un rapporteur du Conseil d’état révèle à La Tribune qu’ Hadopi deuxième du nom comporterait de nombreux points d’inconstitutionnalité comme le risque d’atteinte au principe de la séparation des pouvoirs, la proportionnalité des peines et le respect de la présomption d’innocence… L’Histoire et la débâcle de l’Hadopi 1 se répéterait elle ?

  • L’atteinte au principe de la séparation des pouvoirs est le premier point noir de cette loi. Parce que oui, le juge chargé de délivré la peine n’agira que sur ordonnance pénale du gouvernement. Tout débat chargé de prouver l’innocence (et non la culpabilité) de l’internaute devrait passer à la trappe. De plus le juge chargé de suspendre l’accès à Internet d’un internaute devra s’appuyer sur la base d’un dossier d’instruction réalisé par la Haute Autorité (Hadopi). Peu de chance que le Conseil Constitutionnel laisse passer ce point ci.
  • Le rapporteur du Conseil d’état, à qui on doit l’intervention dans la Tribune, renchérit. Le manque de proportionnalité des peines pourrait aussi causer la censure partielle de ce texte. Comme pour l’Hadopi 1 on garde l’amende de 300 000 euros, la peine de prison de 3 ans de prison, la suspension Internet et enfin l’amende de 1500 euros voulue par MAM. Ces peines s’accumulant les unes aux autres ont valu le nom de « Three strikes law » à l’Hadopi dans les pays anglophones.
  • Enfin la présomption d’innocence est bafouée. L’Hadopi part du fait que l’adresse IP se résume à l’identité de la personne possédant la ligne. Dans cette logique l’internaute sera présumé coupable et non innocent, ce sera en plus à lui de fournir des preuves le déculpabilisant de tout téléchargement illégal survenu sur sa ligne. De telles preuves sont extrêmement difficiles à trouver et quand bien même elles seraient fournies au juge, il n’est pas certain que ce dernier en tienne compte pour la sentence ! Cette présomption de culpabilité ou l’accusé pouvait prouver son innocence était réservée uniquement aux infractions du code de la route. Hors vous conviendrez que prouver que je n’étais au volant de mon véhicule tel jour à telle heure et un poil plus facile que de prouver que je n’ai pas télécharger le dernier Britney Spears. Plus facile car les preuves sont… comment dire… matérielles.

Je vous laisse deux articles trouvés sur la Quadrature du Net qui illustrent la stupidité de la loi Hadopi 2 et l’entêtement contre productif du président.

Crédit Photo : CC (BY NC SA) Richard Ying

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30 juin, 2009 at 17:30 by admin

Tags: conseil d'état, hadopi, hadopi 2, internet, Politique
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