Au revoir Christine, salut Frédéric !
Suite au remaniement ministériel tant attendu par tout le monde on peut dire qu’il y a eu du ménage de fait à peu près partout. Tout d’abord, et c’est la nouvelle la plus intéressante à mes yeux, Christine Albanel n’a pas été reconduite au Ministère de la culture et de la Communication ! On réclamait sa démission, elle s’en tire avec les honneurs des remerciements mais se tire quand même. Et ça, croyez moi, c’est le principal. Je lui souhaite bonne chance pour la suite, personne ne la regrettera visiblement. Elle faisait partie de ces ministres qui viennent et s’en vont sans que l’on sache pourquoi il étaient là à ce moment donné, à cet endroit précis.
Le successeur, c’est Frédéric Mitterand, le neveu de l’ex président socialiste. Lui aussi de gauche, son entrée dans le gouvernement va-t-il provoquée des remous à gauche? Encore un qui vend son âme ? Pour tout vous dire je ne connais pas le bonhomme, je ne sais pas si il sera « moins pire » ou « plus pire » que notre Albanel adorée. Une chose est sûre, Frédie à un long passé « Culturel » contrairement à son prédécesseur. Il fut successivement animateur de télévision, écrivain, scénariste, producteur et réalisateur de documentaires et de de cinéma. (ce n’est pas rien). Je vous ai trouvé une vidéo de Frédéric Mitterand interrogé par Eric Zemmour et Eric Naulleau sur la plateau de Ruquier. Je vous assure qu’il a l’air folklo’ comme gars. Bon ? Pas Bon ?
Il arrive dans un ministère empoisonné par des mois d’acharnement Albanelien contre l’innovation, les libertés, la justice. D’ailleurs cette dernière n’a nullement manqué de laisser un dernier cadeau à la rue de Valois : les amendes pour les pirates. Espérons donc que Frédie arrive à nous pondre quelque chose de correct et plus dans l’air du temps. D’ailleurs Christian Paul, l’un des mousquetaires anti-Hadopi, lui a adressé un moratoire appelant le nouveau ministre de la Culture des États généraux de la création à l’âge numérique. Espérons donc que le nouveau chapitre de l’Hadopi (2), qui commencera lui en Juillet, soit mieux pensé et plus en phase avec les internautes, la création et l’époque actuelle.
Mais Albanel n’est pas la seule à qui François Fillon pardon Nicolas Sarkozy fait prendre la porte de manière déguisée. Je noterai vite fait quelques changements importants selon moi : Michèle Alliot Marie passe de l’Intérieur à la Justice … Il y a des magistrats, avocats et juges qui risquent d’être contents. Mais ne vous inquiétez pas, avec elle à la Justice, le juge d’Instruction n’en a plus pour longtemps. Rama Yade, symbole de la diversité ministérielle, passe elle des Droits de l’Homme au Sport… Ouais je sais c’est pire que d’être viré. La branche consacré aux Droits de l’Homme est elle tout bonnement supprimée (!), ouais ça m’inquiète un peu aussi. Sinon le très prolifique Brice Hortefeux passe à l’Intérieur. Nul doute que ces changements ne m’enchantent guère. On remplace des incompétents et personnes potentiellement « dangereuses » par d’autres … Enfin bref, wait and see.
Le seul changement qui me fait sourire concerne le très caricatural Frédéric Lefebvre ! Je rappelle que cet homme, aussi sympathique soit il, n’a jamais été élu par la nation pour siéger à l’Assemblée Nationale ! Il n’est, en fait, que le simple suppléant d’André Santini. Hors ce dernier serait intéressé pour reprendre sa place au parlement puisqu’il n’a pas été reconduit dans ses fonctions de secrétaire d’État chargé de la fonction publique. Bref, le porte parole de l’UMP ne pourrait plus siéger à l’AN. Ce qui une bonne chose en soit vu l’intelligence démagogique de ses propos réactionnaires vis à vis d’Internet =).
Crédit Photo : CC Martin.Menu
"Nous sommes les Internautes. Nous sommes Légion."
Chez Soren, j’ai trouvé un commentaire d’un internaute réagissant à l’affaire Bourreau/TF1. Affaire où le Ministère de la Culture avait dénoncé sans hésitation un salarié accusé de « tirer contre son propre camp« . Les réactions ont été vives, voici le commentaire en question qui reprend brillamment le principe du Collectif Anonymous :
Bonjour TF1. Nous sommes les Internautes. Au fil des années, nous vous avons observé dans l’ombre. Vos campagnes de désinformation, votre connivence avec certains politiques, la répression auprès de vos employés, tout cela a attiré notre attention. Avec votre dernier acte, l’extension de votre influence néfaste sur ceux qui vous font confiance, ceux-la même qui vous considèrent comme une chaîne impartiale, est devenue claire à nos yeux. Votre action a démontré que la France sombre doucement dans l’Autoritarisme, et vous y contribuez. Il a été décidé que votre chaîne devait être réduite a néant. Pour le bien des Français, pour le bien de la République et pour notre propre plaisir, nous nous devons de vous expulser du paysage télévisuel français et de démanteler la chaîne sous sa forme actuelle. Nous vous reconnaissons comme un adversaire de taille, ainsi nous nous préparons pour une longue, très longue campagne. Vous ne pourrez lutter éternellement contre la conscience populaire. Vous ne pouvez pas nous réduire au silence, car nous sommes partout. Vous ne trouverez aucun recours à cette attaque, car pour chaque Internaute qui tombera, dix prendront sa place. Vos téléspectateurs se reveilleront et réaliseront qu’ils n’ont pas à dépendre de vous. Ils comprendront alors que leurs opinions furent manipulées depuis des années. Notre combat n’est pas mu par la haine, mais par un désir de justice et de rétablissement des grandes heures de la République. Notre temps de cerveau disponible n’est pas à vendre. Nous sommes les Internautes. Nous sommes Légion. Nous ne pardonnons pas. Nous n’oublions pas.
Censured_man (10/05/2009 15:18:39)
Crédit Photo : CC nickstone333 modifié par Hajen
De la pédagogie et vite !
Ce soir pas de billet spécial à vous proposer, enfin si. J’avais dans l’idée de m’interroger sur le nouveau rapport que nous entretenons au monde grâce à l’internet et cette volonté de « pédagogie » insatiable du gouvernement voulant à tout prix (re)éduquer les français trop bêtes et trop cons pour comprendre la vraie vie et la politique gouvernementale.
Depuis des années maintenant, le monde est poussé vers l’individualisme total. Le libéralisme transforme les êtres en produits de plus en plus dociles et individuels. Si bien que quand l’on porte une pensée divergente du modèle sociètal actuel, nous sommes accusé, l’expression est pour être vaste, de « crime par la pensée« . Regardez simplement à quel point les internautes sont marginalisés quand ils en viennent à partager des produits culturels et la connaissance : des Pirates. Si il y a bien un évènement que j’attends avec impatience, c’est la libération de Julien Coupat et le lynchage politique qu’il y aura contre MAM et son acolyte, Alain Bauer.
Car soyons honnête, internet renverse peu à peu l’équilibre de ce modèle. Les personnes se tournent de plus en plus vers le partage et l’entraide au lieu de se bouffer entre eux. Ce monde immatériel porteur de contre pouvoirs évidents échappe grandement à l’idée de « droits, de devoirs et de libertés » de notre cher président, que ce soit la liberté d’expression, d’information ou encore d’éducation. Car soyons honnête, peut on vraiment se fier à cette société du spectacle qui envenime nos vies et nos esprit en essayant à tout prix de les abrutir ? Que penser de l’information imposée par TF1 aux millions de français ? Pareil pour l’expression, car oui, on ne pas dire à Laurence Ferrari qu’elle a tort …
Les gens se détournent de plus en plus de Laurence et de monsieur Bouygues pour se faire leur propre idée de l’information et participer à celle ci sur Internet. On comprend bien l’énervement de certaines personnes haut placées qui voient d’un mauvais oeil ce média libre leur échappant. On va donc encore une fois faire de la « Pédagogie » à tours de bras pour ramener le français et journaliste, trop volatiles, dans la cage de la pensée unique et de l’intellect amorphe. Sur ce sujet j’ai trouvé un article très intéressant sur AgoraVox, en voici un extrait :
La pédagogie, d’abord une tromperie.
Car si l’on voulait utiliser les vrais termes, tels que répression, dissuasion, inculcation d’une idéologie bien déterminée, conformisation des masses à une pensée unique… on pourrait. Mais on ne veut pas, car dire la vérité équivaudrait à trahir l’objectif véritable qui se cache derrière cette soi-disant « pédagogie », qui n’est en fait que propagande mensongère.
Ensuite d’une volonté d’imposer une méthode et une idéologie politiques par la force.
Car derrière cette tromperie se cache bien sûr un projet politique. Je ne ferai pas de spéculation sur certaines spécificités de cette idéologie, qui est bien entendu libérale. Je m’interdirai donc de suggérer que la loi Hadopi cache une volonté de surveiller et contrôler tout l’internet, cependant chacun est libre d’en penser ce qu’il veut. En revanche je suis sûr de ne pas me tromper lorsque je dis qu’il s’agit d’inculquer, ou d’insister sur l’idée pernicieuse que le libéralisme est la seule voie possible, la seule terre promise que l’humanité pourrait un jour fouler. En réalité, les privilégiés la foulent déjà, et les démunis ne la verront jamais ailleurs qu’à la télé ou à travers les vitrines des boutiques de luxe. Il s’agit là, clairement, selon moi, de maintenir l’asservissement des masses.
Comment cela fonctionne-t-il ?
Ce n’est pas bien compliqué. En utilisant à tort et à travers le terme « pédagogie », on induit l’idée, par un mécanisme proche de l’hypnose, que le gouvernement est celui qui sait, en position d’adulte vis-à-vis des enfants incultes que sont les citoyens qui les ont pourtant érigés au pouvoir. Le gouvernement est là pour gouverner, mais il n’est pas là pour enseigner, car dans une démocratie le savoir est partagé entre tous. Il n’y a pas ceux qui savent au gouvernement, et ceux qui ne savent pas, en dehors des cercles de décision du pouvoir. Mais le but est tout de même de faire passer cette idée, par la propagande. En immisçant cette dichotomie dans la pensée collective, on tente de déposséder les masses de leur confiance en leur savoir, en leur capacité à penser et agir par elles-mêmes, fut-ce en allant à l’encontre des intérêts des privilégiés qui vivent de la politique, allant d’une haute administration à un ministère, d’un ministère à un parlement, d’un parlement à un autre siège du pouvoir, mais cumulant bien souvent plusieurs de ces privilèges, pourtant censés être des responsabilités, à l’origine.
Crédit Photo : CC Zeeded
Viré par TF1 à cause de sa position contre Hadopi.

On savait Christine Albanel bornée à l’extrême. On savait TF1 léchant assidument les bottes du pouvoir. Mais là, je suis désolé, je me dois de pousser un coup de gueule contre la situation que je juge extrêmement grave et inquiétante. Quel groupe de télévision oserait en effet virer un salarié partageant des opinions politiques différentes ? Quelle ministre, de la Culture qui plus est, irait dénoncé et dévoilé les contenus d’une correspondance privée à l’employeur de l’expéditeur ?
Sérieusement, réfléchissons deux secondes à cette affaire dont je m’efforcerai de faire un rapide résumé. Le site Ecrans.fr, branche Web du Liberation.fr, publie une nouvelle qui ne tarde pas à faire l’effet d’une bombe dans le milieu du web et de la politique. Voici en somme ce qui s’est passé :
C’est le premier martyr d’Hadopi. Cet homme de 31 ans, Jérôme Bourreau-Guggenheim, responsable du pôle innovation web de TF1, a été, selon nos informations, licencié pour avoir critiqué le projet de loi Création et Internet. Allons bon. Mais il y a mieux : si Jérôme Bourreau-Guggenheim a été viré par la Une, c’est suite à une dénonciation du… ministère de la Culture dont l’hôte, Christine Albanel, est l’artisan de la fameuse loi qui doit réprimer le téléchargement illégal. Mais la chaîne qui a abouti au licenciement ne serait pas complète sans mentionner la députée UMP de Paris Françoise de Panafieu : c’est auprès d’elle que, par mail, Jérôme Bourreau-Guggenheim s’est ouvert de ses critiques envers Hadopi. Critiques transmises au ministère de la Culture qui les a transmises à TF1. Résultat : à la porte.
La ministre de la Culture nie toute implication dans cette affaire et renvoie la balle à Mme de Panafieu qui elle renvoie, indirectement, la balle au ministère de la Culture. L’épisode est très gênant pour les partis concernés sauf pour TF1 qui est le seul à assumer sa prise de position pour la loi Hadopi, niveau objectivité d’une chaîne de télé regardée par des millions de gens chaque jour, on fait mieux.
Désinformation vous dîtes ? Pour votre santé intellectuelle et contre l’abrutissement des esprits je vous déconseille de regarder TF1 ! Regardez plutôt Arte ;).
Crédit Photo : CC pandabrand
Une petite leçon de démocratie participative
C’est bien une leçon de démocratie participative. Avant hier, Soren, créateur et auteur de Mindoverflow a trouvé une citation de Victor Hugo qui s’avère pertinente et tout à fait d’actualité. Voici la citation en question :
Le livre, comme livre, appartient à l’auteur, mais comme pensée, il appartient - le mot n’est pas trop vaste - au genre humain. Toutes les intelligences y ont droit. Si l’un des deux droits, le droit de l’écrivain et le droit de l’esprit humain, devait être sacrifié, ce serait, certes, le droit de l’écrivain, car l’intérêt public est notre préoccupation unique, et tous, je le déclare, doivent passer avant nous.
Victor Hugo, Discours d’ouverture du Congrès littéraire international, 1878.
Cette citation met en avant tout ce que les anti-Hadopi défendent, c’est à dire : une culture libre hors d’atteinte de la cupidité de certains (majors en tête), une primauté de l’intérêt général sur celui des particuliers et surtout une émancipation de l’esprit et culturelle permisse par cet outil formidable qu’est Internet.
Séduis par la citation, je n’ai pas tardé à l’envoyé aux députés Jean Pierre Brard (PCF) et Patrick Bloche (PS) pour qu’elle illustre et avec un peu de classe, soyons honnête, la stupidité de cette loi qui va à contre sens de l’Histoire. Hors voilà que le lendemain (4/05/2009) Jean Pierre Brard cite la phrase en question pour clôturer son intervention relatif à l’article 2 de l’Hadopi qui prévoie la création d’une haute autorité indépendante chargée de la surveillance et la suppression à l’accès Internet à 1000 personnes et familles par jour.
J’ai envie de dire que cette petite histoire est représentative de la capacité qu’a internet à révolutionner la politique et la participation des citoyens à la vie parlementaire. Internet porte bien les prémices d’une nouvelle forme de démocratie où chacun peut participer, être entendu et repris par les élus dans les grandes institutions républicaines françaises et européennes. Et c’est ce même outil que certains veulent filtrer et mettre hors de disposition des citoyens.
EDIT : La vidéo initiale a été suprimée par mes soins, le décalage entre le son et l’image gènait le visionnage. La deuxième version de la vidéo corrige ce bug apparent (format vidéo AVI avec format audio MP3). La nouvelle version de l’intervention est disponible sur Vimeo, YouTube et Dailymotion.
Jaimelesartistes.fr ferme

Après une semaine mouvementée pour le site (attaques en tout genre), ce dernier avait finalement été mis HS en fin de semaine dernière par des flots d’attaques successives.
Face aux « attaques incessantes » le ministère a finalement décidé de fermer son site de propagande destiné à « convaincre et informer » les internautes des méfaits du piratage sur la création et les artistes. Le ministère de la Culture explique son geste : la « mobilisation des groupes de pression qui s’opposent aux droits des artistes et des entreprises culturelles [...] prive […] de tribune ceux qui défendent -concrètement, grâce au projet de loi Création et Internet, et non par de simples déclarations d’intention- les créateurs et ceux qui les soutiennent« . Ces fameux groupes de pression opposés aux droits sont donc les principaux responsables. Avec la fermeture « c’est la parole des artistes qui est bâillonnée et leur droit d’expression qui est bafoué ».
Rien que ça. C’est bien une guerre de communication qui oppose les internautes aux pro-Hadopiste, Albanel et ses potes en tête. En tout cas il s’agit d’un beau gâchis d’argent public.
Rappelons le point de vue M Bloche (Député PS) concernant ce site : « si c’est de la communication et qu’il s’agit d’un site officiel, financé par de l’argent public, le moins que l’on puisse alors demander, c’est que la parole y soit donnée à ceux qui s’opposent à ce projet de loi« . « Au lieu de dialoguer avec M. Luc Besson sous les ors du ministère, acceptez la contradiction ; acceptez que nous dialoguions avec vous sur ce site officiel et que nous y développions nos arguments. Cela, ce serait de la communication ! Comme ce n’est pas le cas, il s’agit d’un site de propagande« .
A lire
Fermeture de Jaimelesartistes.fr : une défaite pour les internautes sur Numerama
Quand Albanel dérape …
La séance d’hier soir (21h30) fut haute en couleurs surtout avec les propos tenus par la ministre de la Culture, Christine Albanel. Cette dernière s’indignant des « caricatures » faites à son cher projet de loi ne trouve rien de mieux dans son argumentaire que d’évoquer un exemple fâcheux et triste de l’histoire française et européenne : la Gestapo.
Il faut rappeler que les sanctions à l’encontre des internautes fautifs (ou pas) de téléchargement seront prises par 3 magistrats au rythme de, accrochez vous, 1000 par jour ! Soutenant qu’il y a un dialogue entre les magistrat et les internautes et que la présomption d’innocence est respectée ainsi que les principes contradictoires, il est clair que son « dialogue » est un pur mensonge. Je vois plus une sorte de Sanction-numérique-automatisé et autoritaire, même innocent vous passerez direct à la case « coupable fiché par l’hadopi ». Ridicule et honteux.
Voici les propos de la ministre en manque d’arguments :
« Je suis accablée par toutes les caricatures sur tous les bancs et par l’obstination qui consiste à présenter l’Hadopi comme une sorte d’antenne de la Gestapo, c’est particulièrement ridicule »
L’opposition appelle au scandale et somme la ministre de retirer ses propos tout simplement hors-sujet. Patrick Bloche (PS) est particulièrement « bouleversé » par les propos de la ministre. Il prend ensuite la parole et raconte « à cause de la Gestapo je n’ai jamais connu ma grand-mère paternelle qui a été gazée à Auschwitz le 4 août 1944 ». Cette évocation de son histoire familiale jette un froid dans l’hémicycle, Albanel semble visiblement gênée et dans une bien mauvaise situation. Elle a raison. Elle retire donc le mot « Gestapo » de son argumentaire déjà bien vide, cependant elle ne retire pas le reste de sa phrase et réitère : « vous présentez cette haute autorité comme une instance policière, dangereuse qui veut attaquer les libertés, c’est honteux. (…) La haute autorité, composée de magistrats est là pour établir le dialogue avec les internautes » . Tiens le fameux dialogue dont j’ai parlé plus haut, si vous avez un minimum de connaissances mathématiques vous constaterez bien que ce dialogue est d’un ridicule consternant et que la procédure, je suis désolé de le dire, relève bien d’une instance policière chargée de punir les internautes en leur coupant un moyen bien utile de « liberté d’expression« . Et tout ça financé par le ministère de la Culture … (d’ailleurs Christian Paul (PS) rappelle que la CNIL est contre la suspension d’internet car elle supprime un moyen de s’exprimer librement).
Pour finir avec cet article on peut dire que Christine Albanel a marqué un point Godwin : La loi de Godwin est un adage, partie du folklore Usenet, énoncé en 1990 par Mike Godwin : « Plus une discussion sur Usenet dure longtemps, plus la probabilité d’y trouver une comparaison impliquant les nazis ou Hitler s’approche de 1 » Dans un débat, donner un point Godwin revient à signifier à son interlocuteur qu’il vient de se discréditer en vérifiant la loi de Godwin.
Je citerai mon député préféré, Jean Pierre Brard : « On ne perfectionne pas ce qui est liberticide, on y renonce ou on le confirme » il dénonce aussi une « Dérive monarchique et autoritaire du régime » et accuse enfin que l’on veut « bâillonner les internautes. »
Note : je vous encourage à regarder la vidéo dans son intégralité ;), La prochaine séance sera le 31 mars vraisemblablement.
Jean Pierre Brard, Pro de la communication

Le député communiste de Seine-Saint-Denis, Jean Pierre Brard, m’a fait une très bonne impression hier soir alors qu’il dézinguait le projet de loi Hadopi à tout va. Il ne faut visiblement pas se laisser leurrer par son image de vétéran de la « Guerre Froide » car le député connait bien le sujet, les effets de rhétorique et surtout la communication possible avec les internautes visionnant la séance ( le site explose son record de connexions avec la loi Hadopi).
Alors que le jeune, et pourtant déjà réac’, Frank Riester affirme de manière quasi solennelle que « les professionnels (de la culture) nous regardent« , notre député du Seine et Marne lui rappelle que se sont surtout les citoyens qui le regarde. (De son côté Bloche rappellera (à Riester et Albanel) que les lois doivent être en faveur de « l’intérêt général et non des particuliers »)
« Nous sommes des députés, des représentants de la nation, et les internautes vont pouvoir suivre les débats de bout en bout. Comme il y a eu Gutemberg au 15ème siècle, il y a internet maintenant. J’appelle tous les internautes à mailer la ministre et les rapporteurs pour leur faire part de leur opinion«
La réaction ne s’est pas faite attendre puisque que les internautes, suivant la consigne de JP, se sont empressés de mailer la ministre. Il apparait ému de cette réponse à son appel. Cependant il constate qu’il y a une certaine injustice à l’égard de Frank Riester.
« J’ai vu que l’appel que j’ai lancé aux internautes a déjà été entendu. Mais il y a une injustice dont pâtit Frank Riester« , s’est ému M. Brard. « Lui n’est pas encore destinataire (des courriels). Je m’adresse aux jeunes internautes qui suivent nos débats en direct : adressez-vous à tous ceux qui ne vous écoutez pas et ne vous entendent pas. Envoyez-leur des mails qu’ils liront« .
Bon à cet instant je me suis dit qu’il avait raison : j’ai donc écrit un joli email à Frank Riester pour lui faire part des incohérences du texte mais surtout de mes inquiétudes quant à d’éventuelles « bavures » et injustices. Après ses interventions remarquées qui égratignent les pro-hadopistes, il semble q’une vague de sympathie ait épris les internautes voyant en ce communiste assez cassant un remake sympathique et convaincant de « Papy fait de la résistance« . Des internautes ont aussi réclamé Le discours prononcé par Jean-Pierre Brard (GDR), verbatim.
Je n’oublie pas les autres députés qui protestent à juste titre contre cette loi et qui font un travail extraordinaire ;) : M Mathus, M Bloche, M Paul … Pour suivre le Débat en direct, cest par ici !
Hadopi ou la guerre de communication

Ça commence mal pour Albanel, alors que cette dernière, entourée de sa fière garde, explique que les députés sont « actuellement inondés par les campagnes de désinformation conduites par des groupes de pression libertaires et minoritaires » elle se tourne vers le site de la Quadrature du Net et ses auteurs en les qualifiant de « cinq gus dans un garage qui font des mails à la chaîne ». La nouvelle ne tarde pas à faire le tour d’internet et c’est au tour de la Quadrature de répondre un peu plus tard aux propos de la ministre.
Jérémie Zimmermann, porte parole du site répond avec une certaine pointe d’ironie : « nous sommes flattés de tant d’attention de la part du ministère ! Cela prouve que l’action des nombreux citoyens épris de liberté qui contactent leurs députés commence à porter ses fruits. Cela révèle la peur de la ministre de se retrouver confrontée aux réalités techniques et à l’opinion des citoyens. Quelque chose nous dit qu’elle n’a pas fini de nous faire rire ! » Propos recueillis par PCinpact.
Bon cela aurait pu en rester là, mais non. Encore quelques temps plus tard (en fait l’ensemble de l’affaire s’est déroulée en moins de 3 heures je crois) la dépêche de l’AFP qui avait recueilli les propos de la ministre supprime la fameuse phrase qui avait tout déclenché. Il n’est donc plus question de « gus » ni de « garage ». Encore une fois manque de bol pour eux puisque que des membres du site PCinpact ont eu la brillante de prendre un screenshot de la page. Après étude comparée, le verdict est sans appel. L’AFP décide alors de s’expliquer histoire de couper court aux rumeurs d’éventuelles censures, Pascale Mollard-Chênebenoit, co-auteur de la dépêche AFP, a donc tenu à expliquer que l’article en question « n’a fait l’objet d’aucune censure ou auto-censure, les modifications sont liées à des impératifs rédactionnels de volume maximal pour une dépêche ». Son excuse « d’ impératifs rédactionnels » ne semble pas tenir debout tant son obligation de ne pas dépasser 600 caractères paraît ridicule. Mais bon, que voulez vous, il faut plaire au patron ;).
Suite à cette affaire des « 5 gus » un site internet dédié à l’affaire a ouvert : CinqGusDansUnGarage.org.
Notre ministre, fustigeant le fait que ses chers députés « actuellement inondés par les campagnes de désinformation conduites par des groupes de pression libertaires et minoritaires « , n’a rien trouvé de mieux que de … faire la même chose (au cas où ça marcherait ;) en prenant l’initiative, non pas douteuse, de spammer à son tour les élus de l’assemblée nationale en leur envoyant un e-mail par jour et par député. Cet email comportera, attention accrochez vous bien , le « témoignage d’un artiste qui s’exprimera sur l’importance de la protection des droits d’auteur et le rôle de cette loi pour sauver la diversité culturelle ». Un peu de « Pathos » donc. On y trouvera aussi une « pointe de Logos » avec des « informations claires, de brefs argumentaires et de réponses aux questions que les internautes de bonne foi peuvent se poser face au dispositif prévu ». Bref, on remarque aussi qu’elle a toujours cette fâcheuse tendance à voir des groupuscules à chaque coin de rue. (attention le parlement européen va bientôt en devenir un).
*** j’ai souligné l’extrait « les internautes de bonne foi » car visiblement ils sont rares … ^_^



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