Parti Pirate : Hadopi 2, ou l’entêtement répressif du gouvernement
La décision des sages de n’autoriser la suppression de l’accès Internet qu’avec l’aval d’un juge fait de l’accès à Internet, de facto, un droit. C’est ce que nous avons principalement retenu de la censure partielle infligée par le Conseil Constitutionnel à la loi « Création et Internet ».
Malgré cela, le gouvernement persiste et signe dans sa logique répressive. La volonté jusqu’au-boutiste du président Nicolas Sarkozy met à mal la présomption d’innocence, la proportionnalité des peines et plus globalement, le principe de séparation des pouvoirs. De tels risques sont intolérables pour et dans notre démocratie.
C’est une énième attaque contre Internet, les internautes, les libertés et la neutralité des réseaux que le Président de la République coordonne ; via des ministres souvent réduits au rôle de pantins ; la ministre de la Justice Michèle Alliot-Marie est en charge du dossier qu’aurait dû poursuivre un Frédéric Mitterrand, dont la nomination purement médiatique ne saurait faire oublier qu’il est à la tête d’un ministère qui n’est plus que l’ombre de lui-même.
L’Hadopi 2 marque l’arrivée d’une amende de 1500 euros infligée aux citoyens suspectés de téléchargement pour défaut de sécurisation. En cas de récidive, elle s’élèverait à 3000 euros.
Cette amende aussi élevée qu’inique, est la marque d’un gouvernement aveugle et déterminé à mettre les internautes à genoux pour installer les industriels de la culture et du divertissement sur un tas d’or, quand il n’y sont pas déjà !
La surveillance des communications électroniques et instantanées s’invite elle aussi à l’Hadopi 2 ; ici, c’est tout le principe de la correspondance privée et de la liberté de communication qui est violé pour tenter (en vain) de prévenir les échanges illégaux de fichiers. Le respect de la vie et de la sphère privées étant un de nos combats fondamentaux, nous nous battrons avec vigueur contre cette surveillance des citoyens français !
Le gouvernement instaure une justice expéditive ; c’est qu’il y a des quotas à respecter : 50 000 suppressions d’accès Internet chaque année. 26 magistrats agiront ainsi sur ordonnance pénale du gouvernement et devront statuer sur le cas des « pirates » avec comme unique support, un dossier fourni par la Haute Autorité… Séparation des pouvoirs ? Droits de la défense ? Ne les cherchez plus ! La présomption d’innocence, fondement de la justice française est remplacée par la présomption de culpabilité. Les preuves matérielles (erreur sur l’ip, piratage, etc) que devra fournir l’accusé sont techniquement et par nature impossibles à obtenir, et quand bien même elles seraient transmises au juge, cette défense serait illusoire. En effet, face à un système administratif de dénonciation et d’influence et à une justice soumise à l’objectif du traitement de 200 dossiers par jour, la logique du rendement risque de l’emporter.
Cette énième loi Hadopi voulue par le Président Nicolas Sarkozy et les industriels de la culture, s’inscrit dans la droite ligne du dessein présidentiel de contrôler les médias en général et Internet en particulier. Le Parti Pirate s’y oppose et dénonce le contenu de ce nouveau projet de loi, qui sert encore une fois quelques intérêts particuliers au détriment de l’intérêt général des citoyens.
Communiqué du Parti Pirate.
Crédit Photo : CC BY NC SA anw.fr
Parti Pirate (PP)

Comme promis, je publie un article sur le PP (Parti Pirate) de notre beau pays la France, la tâche de collecte des informations ne se fit pas sans difficultés (d’où le retard apparent de cet article). Ce qui suit est un ensemble de témoignages de membres du PP (divisés en deux branches). Merci à eux de m’avoir répondu ;)
A la question : Lequel de ces deux « partis » (partipirate.org et parti-pirate.fr) est le bon ? Un membre du parti-pirate.fr me répond :
Il y a actuellement UN parti pirate avec deux courants idéologiques.
Les deux courants ont la même base, à savoir les 3 points du parti pirate suédois : Réforme du Droit d’auteur, abolition des brevets et protection des libertés individuelles.
Tout le monde est d’accord sur ces trois points.
Le parti-pirate.fr a une vision axée sur l’action politique et médiatique, tandis que le parti-pirate.org souhaite créer un quatrième point autour du modèle économique du logiciel libre et de la musique libre.Il y a un débat et un désaccord entre les deux sites, ce qui ne signifie pas que leurs idées soient incompatibles.
Certains admins du parti-pirate.fr font partie d’associations pour promouvoir le logiciel et la musique libre, mais ils pensent que le rôle d’un parti politique est d’agir et pas seulement de faire un site sur le libre.A mon avis, le logiciel libre et la musique libre sont des idées intéressantes car ce sont des alternatives au système économique et culturel actuel.
Néanmoins, il existe d’autres alternatives que nous ne devons pas écarter, comme l’intervention du secteur public, de l’État, dans l’innovation culturelle et scientifique, ainsi que son intervention pour mettre en place un accès numérique universel à la culture, c’est l’idée de la licence globale.Donc il y a plusieurs alternatives, et on voit bien que la création d’un quatrième point n’a fait que diviser les gens. Surtout que encore s’il y avait eu un vote des militants d’accord, mais ce n’est pas le cas, donc la légitimité du quatrième point n’est pas claire. Il est encore trop tôt pour créer un quatrième point alors que nous n’existons même pas encore en tant que parti !
Le parti-pirate.fr laisse ouverte la porte au débat et à la réflexion sur toutes les alternatives économiques. C’est le meilleur moyen de réunir le plus de monde possible.
Nous voulons agir et créer un parti, en commençant par la diffusion du manifeste, dans lequel vous retrouverez l’idée de promouvoir les usages culturels non commerciaux, celle de la licence globale et de l’intervention de l’Etat dans la vie culturelle et scientifique, mais surtout les 3 points qui réunissent tous les pirates de la planète.Le site parti-pirate.org a surement un rôle à jouer, mais pour le moment il ne propose pas grand chose de concret, alors que celui du parti-pirate.fr nous donne tous les outils pour agir vraiment :
Wiki, forum, actions sur Internet, possibilité donnée à chacun d’exprimer ses idées et d’organiser des actions réelles dans sa localité.
Les deux branches semblent donc en désaccord sur la forme et légèrement sur le fond, quand l’un veut clairement s’imposer sur le champ politique actuel l’autre semble en retrait mais continu d’agir en tenant un site de qualité régulièrement mis à jour. Le PP semble échapper à l’habituel axe Droite/Gauche, même si ses actions de militantisme et son intérêt pour la vie privée et la liberté le rapprocherait d’un parti de gauche (radicale, démocrate ?).
Vu qu’ici on s’intéresse à un éventuel parti politique, je vais délibérément laisser de côté la branche du site partipirate.org pour me concentrer sur le Parti Pirate Canal Historique. La raison étant plus que simple, le premier site présente des modèles libres de musique mais ne dégage pas (à mon goût) d’alternative politique ambitieuse, mais je salue encore une fois leur travail et la mise à jour régulière de leur site (reproche que je fais au PPCH …).
Bien que les deux branches ont en commun 3 points dans leur manifeste, le PPCH propose un quatrième point axé sur le militantisme : la TAZ. La TAZ (zone autonome temporaire) est un lieu sous contrôle d’un groupe de personnes, une zone de droit alternatif qui permet à ses membres de s’échapper en quelque sorte du giron étatique. La TAZ étant contraire à l’état ce dernier cherchera à la détruire. Les membres d’une TAZ devront alors se disperser et non chercher l’affrontement avec les forces de l’ordre. La dispersion permettant une réorganisation plus facile, la TAZ marchant en réseau, il est possible de fuir une TAZ pour une autre. En clair la zone autonome temporaire est un espace de manifestation, de revendication et de création artistique.
A savoir : TAZ est un système proche-anarchiste (car temporaire) pensé par le philosophe et sociologue Hakim Bey. Son livre est disponible librement sur internet (libre de droit). Voici quatre sites où vous pourrez lire, télécharger ou encore imprimer ses écrits. 1,2,3,4.
Pour terminer je vous communique des liens vers le manifeste du PP et vers un document intéressant « Agir pour la Culture« . Voici un extrait du manifeste :
L’information, la culture et le savoir sont aujourd’hui à portée de tous grâce aux facilités d’accès des réseaux Internet. Cependant, les puissants de ce monde n’acceptent pas que les peuples s’informent librement, ni qu’ils accèdent gratuitement à la culture, au savoir et à la technologie. La société de consommation, soutenue par les lobbies les plus cupides, est ainsi un mode de gouvernance fondé sur l’asservissement par l’ignorance. Nos libertés fondamentales sont bafouées par des politiques sécuritaires et répressives. Les internautes sont tous devenus des suspects potentiels. Non seulement les filtrages et le fichage des internautes s’intensifient, mais en plus des sanctions disproportionnées sont prévues. Ces sanctions condamnent les contrevenants, sans même un jugement, à de lourdes peines s’appliquant à toute la famille . Ces méthodes d’un autre âge ont des conséquences sur la vie professionnelle, publique et privée de chacun d’entre nous. Ces éléments laissent craindre une régression démocratique, orchestrée par les élites d’aujourd’hui, héritières des élites d’hier, inquisiteurs et dictateurs.
Le Parti Pirate Français s’adresse à tous ceux qui souhaitent préserver les libertés individuelles, culturelles et démocratiques sur Internet comme dans la vie réelle. L’action politique et médiatique est donc au cœur de notre vision. Le Parti Pirate n’est pas un parti de gauche ou de droite, il ne favorise aucun modèle économique. Il propose de remettre en question les dogmes et de les confronter aux alternatives. Le dialogue démocratique est en effet le garant de la diversité culturelle, économique et sociale. Le Parti Pirate est un parti culturel, solidaire et démocratique. C’est un espace de débat, d’expression et de création d’idées. Chaque citoyen est libre de venir poser sa pierre dans nos forums de débats et nos wikis de rédaction collaborative.
Le seul Parti Pirate qui connait une ascension fulgurante et le Parti Pirate Suédois. S’imposant de jour sur le terrain politique suédois (4ème force), le PPS va même proposer des candidats pour les Européennes. Suite à la condamnation de The Pirate Bay à 1 an de prison ferme, le Parti Pirate enregistre un taux d’adhésions impressionnant !
» On voit vraiment une nouvelle communauté, dont une grande majorité est issue du web, prendre corps concrètement sur le terrain en manifestant, en proposant une alternative politique très avant-gardiste (les scandinaves ont vraiment une longueur d’avance sur nous). Créé dans l’hilarité totale il y a 3 ans, le PP ne suscite plus de mépris et s’impose désormais comme une force politique importante. Proposant de réformer les droits d’auteur ou encore de lutter pour la préservation de la vie privée, le PP voit sa cote de popularité grimper en flèche : Dans un récent sondage, 21% des Suédois indiquaient qu’ils envisageaient de voter pour le Parti Pirate lors de la prochaine élection Européenne. Parmi les hommes de 18 à 29 ans, ce chiffre monte à 55%, du jamais vu ! »
« L’exemple suédois est particulier me direz vous, certes, mais il a eu un impact international non négligeable. L’organisation a déjà des branches à travers toute l’Europe : en Autriche, Pologne et Espagne, des Partis pirates sont déjà reconnus officiellement alors que des sections allemandes, françaises et britanniques s’organisent sans reconnaissance officielle. D’autres formations ont vu le jour en dehors du vieux continent comme en témoigne les PP d’Amérique du Nord et du Sud. »
(Extrait d’un ancien article de Hajen.fr : Quelle serait la valeur d’un Parti Pirate ?)
Pour en savoir plus je vous laisse quelques liens sur le PPS :
Parti Pirate: le premier parti politique acculturé et fier de l’être
Le Parti Pirate suédois s’impose dans le champ politique
Rickard Falkvinge le chef de file de ce jeune parti, voici une interview de ce dernier.
La page Wiki du Parti Pirate Suédois.
Crédit Photo : CC quinnums
(Désolé pour l’aspect « mal organisé » ce cet article, je l’ai fait en plusieurs fois ^^’)
Quelle valeur aurait un Parti Pirate ?

Les événements de ces dernières semaines, la loi Hadopi ou encore le très médiatique procès de The Pirate Bay en Suède, voient émerger une volonté de certains acteurs du Web à agir concrètement sur le terrain abrupt de la Politique. Se peut il qu’un parti politique portant sur des questions de droits d’auteur et de libre accès à la Culture arrive à se frayer une place en politique?
Tout d’abord il est bon de s’interroger sur le pourquoi de cette volonté. Internet a toujours été par nature très éclatée, sans chef ni hiérarchie. Les internautes voguaient à leurs occupations aussi diverses que variées sans pour autant prendre conscience de la force et de la capacité du web à promouvoir une nouvelle forme de démocratie. Comme je l’ai dit plus haut, les événements de ces derniers jours y sont pour beaucoup. On a vu une montée du mécontentement sur Internet qui s’est traduit par des actions plus ou moins symboliques, on peut citer le groupe facebook (Pour l’ouverture d’une enquête parlementaire contre Christine Albanel ! ) comptant plus de 8.000 membres ou encore l’appel à un Blackout du net par la Quadrature (action relayée sur plus de 10.000 sites, forums, blogs …). La protestation est pour le moins vive cependant il semble qu’il y est une incapacité des internautes à transposer le ras de bol « in real life« . Comme le remarque très bien Versac sur slate.fr : « Les internautes sont incapables de s’organiser pour faire pression avec efficacité (…) Il existe un camp, en France, prêt à rassembler plusieurs centaines de milliers de signataires sur une pétition, plusieurs dizaines de milliers de relais actifs, mais incapable de transformer cette action dans la vraie vie (…) Le web manque d’acteurs qui ont un réel intérêt dans cette affaire. Pas de génération spontanée d’acteur fédérateur, militant, actif. » Un fait récent traduit bien ce malaise des Pirates/Internautes : Roger Wallis, ce défenseur du P2P, a reçu des milliers de fleurs chez lui après son témoignage déculpabilisant le P2P et les pirates de tous les maux de la terre. Ce fait exprime bien la difficulté des internautes à trouver une figure pouvant les représenter, donc dès qu’une personne monte au créneau pour défendre les Pirates et le partage il y a une vague de sympathie énorme qui s’en suit. L’excès d’idolâtrie de cette affaire est à mettre en parallèle avec cette impression que les internautes sont nombreux à ressentir l’indifférence de l’opinion publique. Il y a en effet peu de personnes pouvant porter cette voix sur la place publique, judiciaire et politique.
Il manquerait donc un principe fédérateur ? Pour que les internautes s’unissent de manière concrète et fassent entendre leur voix, il est indéniable qu’il faut une force car la nouvelle ère qui s’amorce créera des profonds changements tant du point de vue économique que politique. Le web portant en lui une nouvelle vision de la démocratie et du partage, il est important de voir les millions d’internautes et pirates jouer un rôle plus déterminant.
En y réfléchissant bien, le parti politique est une idée très intéressante pour fédérer les “pirates”, il permettrait de se faire entendre sur le champ classique de la politique tout en donnant une représentation, une identité aux internautes qui se sentent concernés. L’identité permet justement de rassembler, de s’opposer et surtout d’exister (tout simplement) aux yeux de l’opinion publique parfois ignorante et indifférente.
Agir pour une cause commune pourrait créer une nouvelle force, et quelle force ! Ce qui nous amène justement au PP (Parti Pirate).
Les suédois l’ont très bien compris : Le Parti Pirate gagne de plus en plus de membres, jusqu’à dépasser d’autres partis plus anciens et plus ancrés politiquement. On voit vraiment une nouvelle communauté, dont une grande majorité est issue du web, prendre corps concrètement sur le terrain en manifestant, en proposant une alternative politique très avant-gardiste (les scandinaves ont vraiment une longueur d’avance sur nous). Créé dans l’hilarité totale il y a 3 ans, le PP ne suscite plus de mépris et s’impose désormais comme une force politique importante. Proposant de réformer les droits d’auteur ou encore de lutter pour la préservation de la vie privée, le PP voit sa cote de popularité grimper en flèche : Dans un récent sondage, 21% des Suédois indiquaient qu’ils envisageaient de voter pour le Parti Pirate lors de la prochaine élection Européenne. Parmi les hommes de 18 à 29 ans, ce chiffre monte à 55%, du jamais vu !
L’exemple suédois est particulier me direz vous, certes, mais il a eu un impact international non négligeable. L’organisation a déjà des branches à travers toute l’Europe : en Autriche, Pologne et Espagne, des Partis pirates sont déjà reconnus officiellement alors que des sections allemandes, françaises et britanniques s’organisent sans reconnaissance officielle. D’autres formations ont vu le jour en dehors du vieux continent comme en témoigne les PP d’Amérique du Nord et du Sud.
Voici une liste des Partis Pirates : Parti pirate international, Parti pirate suédois, Parti Pirate américain, Parti Pirate anglais, Parti Pirate allemand, Parti pirate autrichien, Parti pirate espagnol, Parti pirate italien, Parti pirate néerlandais, Parti pirate polonais.
Et le PPF (Parti pirate français) existe lui aussi, j’en parlerai plus tard ;).


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