The Pirate Bay : La fin du voyage ?
Le site mondialement connu de liens Bittorent pourrait être revendu au mois d’août à une société suédoise qui serait elle 100% légale et respectueuse des ayant-droits. L’information parait assez dure à avaler au premier abord mais les administrateurs du site l’auraient apparemment déclaré eux mêmes.
La société suédoise Global Gaming Factory X deviendrait donc le futur patron de TPB pour la petite somme de 5.5 millions d’euros. Ce qui peut paraître dérisoire vu la notoriété du site. Cependant les administrateurs du site expliquent sur leur blog que cette transaction et cette passation de pouvoir sera bénéfique pour l’avenir du site. C’est en effet ce qui est dit dans cet article : selon eux le rachat permettra au site d’évoluer et de rester dans la course, rappelant au passage que si les choses n’évoluent pas sur internet elles meurent. Ce rachat possible se veut rassurant, les administrateur mettent en garde que si le site change trop, les internautes cesseront de l’utiliser mais aussi que les futurs propriétaires seront des gens compétents dans leur domaine. Enfin, ils assurent que l’ensemble de l’argent récolté grâce à cette vente ira à des fondations défendant la liberté d’expression et d’information ainsi que l’ouverture des réseaux.
Du côté de Global Gaming Factory (GGF) le rachat va changer radicalement l’essence du site, pour eux il faut désormais présenter de nouveaux modèles qui assurent aux titulaires de droits une rémunération pour le contenu téléchargé. Hans Pandeya, président de GGF, explique aussi que les créateurs et les fournisseurs doivent pouvoir contrôler leur contenu et être payé. Pour ce qui est des « file-sharers« , ces derniers devraient avoir accès à des téléchargements plus rapides et de meilleure qualité.
Serait ce donc la fin De The Pirate Bay ? Même si l’information s’avère sérieuse, nul doute que ses administrateurs continueront leur combat /-). A noter aussi que vous pourrez acquérir des actions du futur « The Pirate Bay » qui sera lui, sans torrent.
Crédit Photo : CC bettyx1138 (Paternité)
The Video Bay : futur concurrent de YouTube ?
The Pirate Bay ne se limite pas seulement à un site de partage de liens Bittorent, et cela beaucoup de gens l’ignore. The Pirate Bay c’est aussi BayWords, une plate forme de blog libre et non censurée, BayImg, un hébergeur d’images lui aussi non censuré ou encore IPredator, un VPN anonyme et sécurisé.
Un nouveau service « made in Pirate Bay » vient d’être créé et l’objectif de ce dernier se révèle très ambitieux : réussir à concurrencer YouTube sur son propre terrain ! Parce que oui, The Video Bay sera en fait un site de vidéo en streaming utilisant les dernières avancées technologiques dans l’audio et le vidéo tag en utilisant le HTML 5. Le site en est encore à la phase d’élaboration et le lancement serait prévu dans un an ou plus. « it will be done when it’s done » a déclaré Peter Sunde, porte parole de The Pirate Bay. Autant vous dire que le lancement n’est pas pour aujourd’hui vu l’ampleur de la tâche.
Le site est actuellement en Test Mode, avec un moteur de recherche moderne vous pourrez apprécier les quelques vidéos mises en ligne à titre d’essai. Mais l’équipe vous demande d’être indulgente avec les problèmes et bugs qu’il pourrait y avoir. Voici ce qu’on peut lire sur la page d’accueil du site :
« To stay in the spirit on which TPB was founded and using the Latest Technology™, TVB aims to use the new HTML5 features, more specificly the <video> and <audio> tags with the ogg/theora video and audio formats. This site will be an experimental playground and as such subjected to both live and drunk (en)coding, so please don’t bug us too much if the site ain’t working properly. »
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The Pirate Bay : Pas d’annulation mais une plainte à la Cour européenne des Droits de l’Homme
Encore un épisode qui a de quoi faire douter de la crédibilité de la Justice et surtout de son indépendance vis à vis des lobbies culturels. Rappelez vous, Tomas Norström, le juge chargé de l’affaire du site de liens Bittorent The Pirate Bay, avait été accusé, à juste titre, de ne pas être totalement partial. Notre bon juge s’est en fait révélé être membre de l’Aippi (Association internationale pour la protection de la propriété intellectuelle), basée à Zurich, et de l’Alai (Association littéraire et artistique internationale), fondée à Paris par Victor Hugo en 1878.
Ces appartenances à des associations pro-copyright laissaient planer le doux espoir d’une annulation du procès demandée par les avocats des accusés. Mais c’était sur estimer la Justice suédoise, en effet cette dernière n’a pas jugé bon d’annuler le procès même si les conflits d’intérêts étaient flagrants. Aucune annulation, aucune remise en cause de l’impartialité du juge, l’indépendance de la justice suédoise n’a d’égale que la séparation des pouvoirs en France…
The Pirate Bay et le PiratPartiet ne l’entendent visiblement pas de la même oreille. Le premier a décidé de porté plainte contre le système judiciaire suédois devant la Cour européenne des Droits de l’Homme. C’est ce que m’apprend le site TorrentFreak. Les raisons évoquées sont les suivantes : la connivence de Tomas Norström avec des associations pro-copyright et surtout le cas du « juge du juge » Anders Eka. Ce dernier, en charge de statuer sur l’indépendance du premier, est en fait membre du Centre de Stockholm pour le Droit Commercial, dans la section « centre de recherche sur les droits des médias« . Une section où figurent également Monique Wasted (l’avocate du lobby du cinéma), Peter Danowsky (l’avocat de l’industrie du disque), Jan Rosén (assistant de Monique Wasted sur le procès de TPB, mais aussi président de l’association suédoise du droit d’auteur), et Daniel Westman (un autre lobbyiste du droit d’auteur).
Bref encore pas mal de rebondissements dans l’affaire TPB !
Crédit Photo : CC edans (Paternité)
The Pirate Bay : Encore un juge accusé de conflit d'intérêts ?
Décidément c’est à se demander si ça finira un jour, pas que je m’en lasse, mais le procès/jugement du site de partage de liens Bittorent The Pirate Bay connait encore des rebondissements. Rappelez vous, Tomas Norström, juge chargé du procès très médiatique de TPB, à été accusé de conflits d’intérêt à cause de ses liens plus qu’étroits avec des lobbys culturels et des associations de défense de droits d’auteur.
Pour faire bonne figure la justice suédoise à demander l’ouverture d’une enquête pour statuer définitivement sur ce conflit d’intérêts qui entâche un peu l’impartialité juridique de ce pays. C’est au juge Anders Eka que revient la besogne. Jusque là rien de grave me direz vous. Mais voilà qu’Anders Eka est membre du Centre de Stockholm pour le Droit Commercial, dans la section « centre de recherche sur les droits des médias« . Une section où figurent également Monique Wasted (l’avocate du lobby du cinéma), Peter Danowsky (l’avocat de l’industrie du disque), Jan Rosén (assistant de Monique Wasted sur le procès de TPB, mais aussi président de l’association suédoise du droit d’auteur), et Daniel Westman (un autre lobbyiste du droit d’auteur). Pas mal non ?
L’information a été révélée par Peter Sunde (co-fondateur de TPB) lui même sur son blog et n’a pas tardé à faire son petit bout de chemin sur la toile. Voici ce que l’accusé déclare en clôture de son article ironiquement intitulé « Google is your friend« :
Note: Not any of OUR lawyers are on that board. But two of the opponents lawyers in the same board. Together with two of their main helpers.… and I have only just started to google for the people.. it took me longer time to write this blog post than to find the information. How come noone else does this?
Crédit Photo : CC Citizen Media Watch
Montt Mardié : We're all The Pirate Bay

Avec le déroulement d’un procès et d’un jugement à rebondissements, The Pirate Bay devient une sorte d’institution pour les les internautes défendant la Culture libre et le libre en général. Il y a le site, les figures charismatiques et maintenant il y a l’hymne de la « Cause TPB« . L’artiste suédois Montt Mardié a en effet jugé bon de créer une chanson et hymne pour le site référenceur de fichiers BitTorrent. Cette chanson et vidéo sont téléchargeables et libres de droit, c’est à dire que tout le monde à la droit de distribuer, de modifier et de reproduire cette oeuvre.
Voici la déclaration de l’artiste, en anglais :
An artist has got to make a living just like everybody else, there’s no doubt about it. And these are tough times, believe me I know. The thing is though, if I were to go back in time, 10 years or so, and tell the 15-year-old version of myself that over a night, 60 000 people had heard one of my songs, the first question I’d throw back at myself wouldn’t be « how much money did I make? ».
Don’t get me wrong, I love money and I want to make a lot of it. Bathe in it just like Uncle Scrooge. But money isn’t the main reason why I write songs. First and foremost I want people to hear them.
Times are so strange at the moment and a lot of people are angry and upset. Still, for each day that goes by I get more and more convinced that we shouldn’t try to fight the future, we should embrace it. Try to see opportunities instead of catastrophys.I’ve written a song. I call it « We’re All The Pirate Bay ». It’s free and nobody will ever have to pay for it, though if you incist you are welcome to make a donation!
Download, re-mix, re-make, re-download!, re-seed, re-edit, re-enjoy!
Take care, Monty
Après la déclaration, voici le clip et la chanson :
La déclaration faite par l’artiste est suivie de liens, histoire de le faire connaître ;), les voici :
More Montt Mardié at
www.monttmardie.com
www.myspace.com/monttmardie
www.hybrism.com
Donate: paypal account: monttmardie@hybrism.com
Download (TBP torrent files):
Montt Mardie – We’re all The Pirate Bay (single)
Montt Mardie – We’re all The Pirate Bay (Remixkit!)
The Pirate Bay : Vers une révision du jugement ?
Rappelez vous, il y a peu de temps je vous parlais du conflit d’intérêt de l’affaire The Pirate Bay. Le juge,Tomas Norström, avait alors été accusé d’entretenir des relations avec certains lobbys culturels. Je vous révélais aussi qu’il était membre de l’association suédoise pour le droit d’auteur et avait déjà donné de nombreux séminaires un peu partout en Scandinavie en faveur du droits d’auteur. Il est aussi, accrochez vous, conseillé d’administration de l’association suédoise pour la protection de la propriété intellectuelle. Les avocats de TPB caressait la douce idée d’une annulation possible du jugement, douce idée qui pourrait bien se réalisée.
Car figurez vous que les liens qu’entretient le juge avec les associations de droits d’auteur semblent plus étendus que prévu. Notre bon juge est ainsi membre de l’Aippi (Association internationale pour la protection de la propriété intellectuelle), basée à Zurich, et de l’Alai (Association littéraire et artistique internationale), fondée à Paris par Victor Hugo en 1878.
EDIT : Per E. Samuelsson, qui défend l’homme d’affaires Carl Lundström co-accusé au procès, assure que le juge Tomas Norström n’avait pas été choisi au hasard. Il affirme même en avoir des preuves. « Nous avons trouvé des choses, en particulier sur la sélection au hasard. Ca ne semble pas avoir été le hasard« , a assuré l’avocat à la radio SVT.
Allons nous vers une révision du jugement ? Affaire à suivre.
Comme le souligne ironiquement Ecrans.fr : « Plus besoin de télécharger des séries américaines pour se régaler de scénarios à rebondissements : l’actualité mondiale sur le piratage fournit amplement sa dose de coups tordus et autres révélations. »
Crédit Photo : CC Double Feature Podcast
The Pirate Bay : Le juge est-il corrompu ?
Rebondissement dans l’affaire de TPB ! Le juge, Tomas Norström, aurait eu quelques relations plus ou moins proches des lobbys culturels. Cette nouvelle jette donc un caillou, que dis je, un pavé dans la mare d’un procès qui fait déjà beaucoup parler de lui.
Un avocat de The Pirate Bay a donc annoncé son intention de demander la nullité du jugement, ce qui pourrait conduire à un nouveau procès de première instance. Le juge, lui, membre de l’association suédoise pour le droit d’auteur a déjà donné de nombreux séminaires un peu partout en Scandinavie en faveur du droits d’auteur. Il est aussi, accrochez vous, conseillé d’administration de l’association suédoise pour la protection de la propriété intellectuelle. L’impartialité du juge est donc hautement contestable.
Ces révélations ont aussitôt suscité l’indignation des avocats et des administrateurs de TPB qui demandent une révision complète du procès, passant outre l’appel. Le Parti Pirate tire quant à lui à boulets rouges sur le « système corrompu », une aubaine à quelques semaines des élections européennes. Ainsi déclare-t-il « le lobby du copyright a vraiment réussi à corrompre la Suède ». Affaire à suivre de près donc !
Crédit Photo : CC Steffe
Sur le même sujet :
The Pirate Bay demande une révision du procès après les révélations sur Numerama
Procès The Pirate Bay : le président juge et partie ? sur PCInpact
The Pirate Bay : Le juge était une taupe sur Ecrans
Appel à un black-out Européen

Que ne l’on s’y trompe pas, le combat franco-français contre Hadopi sera bientôt remporté par les Majors et leurs alliés du gouvernement. Nicolas Sarkozy tenant personnellement à cette loi, il fera tout pour qu’elle passe, jusqu’à forcer le passage. Outre le déni de démocratie, cela montre bien la volonté d’une minorité à vouloir contrôler et mettre à terre le dernier média neutre et libre qui soit : Internet.
La bataille en France sera peut être perdue. Soit. Cependant un nouveau champ de bataille se profile : le Parlement Européen et l’Europe. C’est maintenant au niveau européen qu’il faut agir et se mobiliser, l’amendement 138 du paquet Telecom apparait comme la dernière chance de sauver les pays européens de la riposte graduée.« Un amendement crucial visant à protéger les citoyens de l’Union européenne contre la police privée et la justice parallèle des industries du divertissement (« riposte graduée » instaurée par la loi HADOPI) » comme le rappelle la Quadrature.
« Tous les citoyens de l’UE doivent appeler leurs députés européens membres de la commission ITRE pour les informer de la situation et les pousser à voter en faveur de l’amendement 138/46. Le Parlement européen doit accompagner la rapporteure Catherine Trautmann et conserver sa position à tout prix. Aucun compromis ne peut être toléré lorsqu’il s’agit de sauvegarder des droits et libertés fondamentaux. Nous avons tous besoin d’un Parlement fort qui protège les citoyens de l’UE et qui ne plie pas sous la pression du Conseil. Dans cette période de crise de confiance dans les institutions de l’UE, et peu de temps avant les élections, le Parlement doit protéger les citoyens en faisant adopter l’amendement 138/46 » conclut Jérémie Zimmermann
Tout à l’heure j’allais sur The Pirate Bay (allez savoir pourquoi) et je vois que eux aussi se mobilisent pour soutenir l’amendement 138 au Parlement Européen. Tous les citoyens européens étant directement concernés, le site appelle indirectement à un Balck Out européen ! Le site du Black out, disponible en 8 langues, lance ainsi son appel :
Le parlement européen s’apprêterait à déléguer le pouvoir absolu sur l’internet aux opérateurs télécoms.
Sous la promesse mensongère que les règles du marché et de la libre concurrence résoudront tous les problèmes, les députés européens sont prêts à accepter l’amendement sur la ‘Discrimination sur le net’ poussés par AT&T, et les gouvernements anglais et français.
Des obligations qui exigent que le trafic internet ne soit pas en infraction avec le copyright pourraient être créés: une exigence particulièrement inappropriée mise sur le dos des Fournisseurs de Services Internet (FSI). Ces FSI sont des conduits de données, ils délivrent le message, ce n’est pas à eux d’examiner chaque paquet de données.
Si ces amendements sont approuvés, l’innovation européenne, le modèle de croissance actuel et les droits et libertés fondamentales des citoyens seront en grave danger.
La croissance fantastique d’Internet, et le futur des sociétés d’Europe, son innovation et sa prospérité, dépendent des principes qui ont prévalus depuis le commencement d’Internet.
Cette forme d’innovation ‘à la pointe’ n’est pas dans l’intérêt des joueurs établis. C’est pourquoi les opérateurs télécoms, soutenus par le gouvernement anglais, font fortement pression pour obtenir plus de contrôle sur ce qui est fait sur leurs réseaux.
La sélection et la priorisation du contenu, applications et services pouvant être librement accessibles sur leurs réseaux leur donnerait le contrôle sur leurs concurrents et leur permettrait de maximiser leurs profits en se comportant comme de vulgaires portiers non responsables.
Les citoyens doivent agir maintenant. Voici comment faire:
Contacte ton député européen en utilisant la lettre type
Rejoins le groupe Facebook
The Pirate Bay : Les responsables condamnés
Ce matin les trois administrateurs de The Pirate Bay Fredrik Neij, Peter Sunde, Gottfrid Svartholm Warg et l’homme d’affaires Carl Lundström ont été condamné ce matin, par le tribunal de Stockholm, à 1 an de prison ferme et à 2,7 millions d’euros de dédommagement.
On se souviendra des plaintes des majors à leur encontre : piratage, incitation au téléchargement et au partage des contenus protégés par le droit d’auteur, acte de contrefaçon … Le procès semblait jouer en leur faveur et l’issue s’avérait optimiste. Mais c’était sous estimer l’influence des majors … Certains avance même que les magistrats ont été sommé par le ministère de la Justice suédoise de juger TPB coupable.
Rappellons au passage que TPB agit pour une libre circulation des contenus et qu’ils ne sont q’un intermédiaire fournissant des liens BitTorrent et non un hébergeur de données piratées. « Nous n’hébergeons aucun contenu à la différence d’un YouTube, voire même de Google, qui copie des pages dans l’optique de les rendre plus accessibles depuis son moteur de recherche, estime Peter Sunde, Allez-y poursuivez Google en justice. (..) Un jour ils seront probablement poursuivis en Suède pour infraction aux droits d’auteur. »
Les administrateurs ont d’ailleurs donné une conférence de presse sur leur site, à voir ici. Sur cette même page ils rappellent, ironiquement, la seule chose vraie qui leur a été enseignée par Hollywood : « Dans tous les bons films, les héros perdent au début mais gagnent de manière épique à la fin. C’est ce que Hollywood nous a toujours appris« .
Sans attendre le jugement, les défendeurs ont déjà annoncé leur intention de faire appel.
Crédit photo : CC Marco Raaphorst
PS : A noter que cette défaite permet au Parti Pirate suédois de s’envoler. Enfin que Ipredator, lancé par TPB, vous permet de télécharger anonymement.
Quelle valeur aurait un Parti Pirate ?

Les événements de ces dernières semaines, la loi Hadopi ou encore le très médiatique procès de The Pirate Bay en Suède, voient émerger une volonté de certains acteurs du Web à agir concrètement sur le terrain abrupt de la Politique. Se peut il qu’un parti politique portant sur des questions de droits d’auteur et de libre accès à la Culture arrive à se frayer une place en politique?
Tout d’abord il est bon de s’interroger sur le pourquoi de cette volonté. Internet a toujours été par nature très éclatée, sans chef ni hiérarchie. Les internautes voguaient à leurs occupations aussi diverses que variées sans pour autant prendre conscience de la force et de la capacité du web à promouvoir une nouvelle forme de démocratie. Comme je l’ai dit plus haut, les événements de ces derniers jours y sont pour beaucoup. On a vu une montée du mécontentement sur Internet qui s’est traduit par des actions plus ou moins symboliques, on peut citer le groupe facebook (Pour l’ouverture d’une enquête parlementaire contre Christine Albanel ! ) comptant plus de 8.000 membres ou encore l’appel à un Blackout du net par la Quadrature (action relayée sur plus de 10.000 sites, forums, blogs …). La protestation est pour le moins vive cependant il semble qu’il y est une incapacité des internautes à transposer le ras de bol « in real life« . Comme le remarque très bien Versac sur slate.fr : « Les internautes sont incapables de s’organiser pour faire pression avec efficacité (…) Il existe un camp, en France, prêt à rassembler plusieurs centaines de milliers de signataires sur une pétition, plusieurs dizaines de milliers de relais actifs, mais incapable de transformer cette action dans la vraie vie (…) Le web manque d’acteurs qui ont un réel intérêt dans cette affaire. Pas de génération spontanée d’acteur fédérateur, militant, actif. » Un fait récent traduit bien ce malaise des Pirates/Internautes : Roger Wallis, ce défenseur du P2P, a reçu des milliers de fleurs chez lui après son témoignage déculpabilisant le P2P et les pirates de tous les maux de la terre. Ce fait exprime bien la difficulté des internautes à trouver une figure pouvant les représenter, donc dès qu’une personne monte au créneau pour défendre les Pirates et le partage il y a une vague de sympathie énorme qui s’en suit. L’excès d’idolâtrie de cette affaire est à mettre en parallèle avec cette impression que les internautes sont nombreux à ressentir l’indifférence de l’opinion publique. Il y a en effet peu de personnes pouvant porter cette voix sur la place publique, judiciaire et politique.
Il manquerait donc un principe fédérateur ? Pour que les internautes s’unissent de manière concrète et fassent entendre leur voix, il est indéniable qu’il faut une force car la nouvelle ère qui s’amorce créera des profonds changements tant du point de vue économique que politique. Le web portant en lui une nouvelle vision de la démocratie et du partage, il est important de voir les millions d’internautes et pirates jouer un rôle plus déterminant.
En y réfléchissant bien, le parti politique est une idée très intéressante pour fédérer les “pirates”, il permettrait de se faire entendre sur le champ classique de la politique tout en donnant une représentation, une identité aux internautes qui se sentent concernés. L’identité permet justement de rassembler, de s’opposer et surtout d’exister (tout simplement) aux yeux de l’opinion publique parfois ignorante et indifférente.
Agir pour une cause commune pourrait créer une nouvelle force, et quelle force ! Ce qui nous amène justement au PP (Parti Pirate).
Les suédois l’ont très bien compris : Le Parti Pirate gagne de plus en plus de membres, jusqu’à dépasser d’autres partis plus anciens et plus ancrés politiquement. On voit vraiment une nouvelle communauté, dont une grande majorité est issue du web, prendre corps concrètement sur le terrain en manifestant, en proposant une alternative politique très avant-gardiste (les scandinaves ont vraiment une longueur d’avance sur nous). Créé dans l’hilarité totale il y a 3 ans, le PP ne suscite plus de mépris et s’impose désormais comme une force politique importante. Proposant de réformer les droits d’auteur ou encore de lutter pour la préservation de la vie privée, le PP voit sa cote de popularité grimper en flèche : Dans un récent sondage, 21% des Suédois indiquaient qu’ils envisageaient de voter pour le Parti Pirate lors de la prochaine élection Européenne. Parmi les hommes de 18 à 29 ans, ce chiffre monte à 55%, du jamais vu !
L’exemple suédois est particulier me direz vous, certes, mais il a eu un impact international non négligeable. L’organisation a déjà des branches à travers toute l’Europe : en Autriche, Pologne et Espagne, des Partis pirates sont déjà reconnus officiellement alors que des sections allemandes, françaises et britanniques s’organisent sans reconnaissance officielle. D’autres formations ont vu le jour en dehors du vieux continent comme en témoigne les PP d’Amérique du Nord et du Sud.
Voici une liste des Partis Pirates : Parti pirate international, Parti pirate suédois, Parti Pirate américain, Parti Pirate anglais, Parti Pirate allemand, Parti pirate autrichien, Parti pirate espagnol, Parti pirate italien, Parti pirate néerlandais, Parti pirate polonais.
Et le PPF (Parti pirate français) existe lui aussi, j’en parlerai plus tard ;).






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